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Pollution d’intérieur : ce qu’il faut savoir avant d’acheter des produits d’entretien


Le grand ménage de printemps ? Oui, à condition d’utiliser des produits d’entretien non nocifs pour la santé. Voici les bons réflexes à avoir, avec la responsable d’opération du laboratoire Air Intérieur de Bureau Veritas.

Savez-vous que l’air intérieur, dans les bâtiments et les habitations, est souvent 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur ? Entre le manque d’aération, l’utilisation de revêtements et de matériaux émettant des substances néfastes pour la santé, l’air se charge de polluants. Pour limiter la pollution chez soi, il faut donc bien choisir les produits d’entretien utilisés pour nettoyer sa maison ! En effet, certains d’entre eux intègrent des composants chimiques nocifs. 

Depuis quelques années, la qualité de l’air dans les bâtiments et les habitations se dégrade, en raison de la présence d’aldéhydes et de COV (Composés organiques volatils) : des substances présentes dans les peintures murales, les solvants (vernis à ongles par exemple, les tissus, les meubles, etc.) qui se dégagent en continu. Il apparait donc inutile d’en rajouter avec des produits d’entretien mal adaptés.

Pour limiter cette pollution intérieure, Yvelise Malvaut, responsable d’opération du laboratoire Air Intérieur de Bureau Veritas, donne quelques conseils simples. Comme pour les produits alimentaires, pour les produits d’entretien et de nettoyage, « moins il y a de composés organiques, mieux c’est » souligne l’experte. Et de manière générale, « il faut utiliser les produits d’entretien avec parcimonie, et éviter tous les produits odorants car ils ont tendance à émettre des COV ».  

Mieux vaut laisser au placard les désodorisants ou les produits avec les mentions du type « fraîcheur eucalyptus » et autres « odeur citron », qui sont rarement naturels. De la même manière, il est déconseillé d’utiliser ceux contenant beaucoup d’huiles essentielles « car elles peuvent se révéler allergènes pour certaines personnes ». Les produits fabriqués maison sont préférables (y compris avec des huiles essentielles, mais en quantité limitée, c’est à dire jusqu’à 3 gouttes). Le vinaigre blanc est aussi une alternative, car il s’agit d’un produit peu émissif. 

Il faut éviter tous les produits odorants car ils ont tendance à émettre des COV

Yvelise Malvaut, responsable d’opération du laboratoire Air Intérieur de Bureau Veritas

Vers un étiquetage des produits en fonction de leurs émissions de polluants ?

Bureau Veritas, effectue les mesures d’émissions et accompagne les fabricants dans leurs tests de produits. Il dispose pour cela de chambres d’émission. Ces boîtes en verre d’un volume de 50,9 litres (équipées d’une entrée et d’une sortie d’air) représentent par modélisation l’équivalent d’une pièce de 30 m2. Lors des tests, les produits d’entretien sont disposés sur une plaque en verre et introduits dans la chambre d’émission. Puis des prélèvements sont effectués dans les 3 heures qui suivent (pour les COV et les aldéhydes). L’analyse dure entre une demi-journée et une journée. Une fois les mesures effectuées, les produits sont classés en 4 catégories, selon un protocole mis en place récemment : peu émissif, moyennement émissif, très émissif, extrêmement émissif. Cette méthodologie est calquée sur les produits de construction et de décoration (peintures, revêtements). A une différence près : pour les produits d’entretien, les tests sont réalisés sur les trois premières heures d’utilisation contre 28 jours sur les produits de construction et de décoration.

Sur ces dernières catégories, un étiquetage a été rendu obligatoire depuis la fin 2013 pour prévenir les utilisateurs des émissions de COV dans l’air intérieur, avec quatre niveaux allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). L’heure n’est pas encore à la mise en place d’un tel dispositif pour les produits entretien, mais cela pourrait intervenir à terme. Et  les fabricants s’emparent d’ores et déjà du sujet. « Il y a eu des efforts sur les matériaux de construction, sur les produits d’entretien cela va venir. La dynamique est lancée et il va y avoir une évolution vers des produits moins émissifs » assure Yvelise Malvaut. Avec un intérêt évident : rendre l’air plus respirable, sain et moins nocif pour soi comme pour les autres

Sur ces dernières catégories, un étiquetage a été rendu obligatoire depuis la fin 2013 pour prévenir les utilisateurs des émissions de sCOV dans l’air intérieur, avec quatre niveaux allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). L’heure n’est pas encore à la mise en place d’un tel dispositif pour les produits entretien, mais cela pourrait intervenir à terme. Et  les fabricants s’emparent d’ores et déjà du sujet. « Il y a eu des efforts sur les matériaux de construction, sur les produits d’entretien cela va venir. La dynamique est lancée et il va y avoir une évolution vers des produits moins émissifs » assure Yvelise Malvaut. Avec un intérêt évident : rendre l’air plus respirable, sain et moins nocif pour soi comme pour les autres




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