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Gestion du risque radon : nouvelles campagnes de mesures


Interview de Jean-Luc Poirriez, directeur patrimoine, diversifications BTP Bureau Veritas

Qu’est-ce que le radon, quels sont les risques ?

La gestion du risque radon est encadrée par des dispositions réglementaires qui ont en particulier instauré en 2004 des mesures obligatoires de concentration de ce gaz dont l’activité radioactive est potentiellement cancérigène.

Dans quel cadre opère Bureau Veritas pour la gestion du risque radon ?

Bureau Veritas fait partie des opérateurs agréés pour effectuer certaines de ces mesures. En effet, l’administration a défini deux niveaux d’action selon la concentration en radon mesurée. Nos équipes sont ainsi qualifiées pour réaliser des mesures de concentrations et les actions nécessaires à mener jusqu’à des niveaux de concentration en gaz constatés ne dépassant pas les 1 000 bq*/m3, soit le niveau 1 (voir extrait des dispositions législatives, ci-dessous). Au-delà, ce sont les opérateurs agréés pour le niveau 2 qui prennent le relais.

A quel rythme les relevés de concentration de gaz doivent-ils être effectués ?

Le cadre réglementaire a défini des volumes de concentration du radon, il a aussi défini des zones à risque – il y a 31 départements en France qui sont actuellement concernés – et il est effectivement défini des périodicités. Les premières campagnes de mesures, qui doivent obligatoirement s’effectuer l’hiver – le risque étant particulièrement présent lorsque les volumes sont confinés – se sont déroulées dès 2004/2005. La réglementation prévoit un renouvellement des tests tous les dix ans. Les premiers renouvellements vont donc commencer. Et l’année prochaine sera également l’occasion d’une forte activité de réactualisation des mesures.

Comment les données recueillies sont-elles suivies ?

C’est une nouveauté cette année : la collecte, qui est centralisée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ou ASN), va maintenant s’effectuer sur un site web dédié. Cette disposition a été prise dans le cadre d’une volonté d’améliorer l’efficacité du suivi, confié à l’autorité de tutelle qu’est l’ASN.

Quelles sont les autres perspectives d’activités ?

Sachant que la première campagne de mesures de 2004/2005 est en cours de renouvellement, l’ensemble des établissements concernés par le suivi du risque radon va devoir également réactualiser leurs mesures. C’est une certitude.

Mais nous savons également que de nouveaux départements pourraient s’ajouter à la liste existante, à la suite d’une étude du BRGM qui pourrait servir de support à ce possible élargissement.

Il est également possible que le seuil minimum de concentration – qui est aujourd’hui fixé à 400 bq/m3 – soit abaissé, peut-être à 300 bq/m3 du fait d’une harmonisation européenne. Ceci dans le cadre d’un renforcement de la vigilance.

*bq est l’abréviation utilisée pour désigner le bécquerel, unité de mesure internationale de l’activité radioactive.

 

Extraits des dispositions législatives pour la gestion du risque radon

L’article 4 de l’arrêté pris en 2004 – toujours en vigueur – définit les catégories de lieux ouverts au public concernées par les mesures de radon qui sont au nombre de quatre :

1. Les établissements d’enseignement, y compris les bâtiments d’internat ;

2. Les établissements sanitaires et sociaux disposant d’une capacité d’hébergement ;

3. Les établissements thermaux ;

4. Les établissements pénitentiaires.

L’article 5 définit les niveaux d’activité volumique de radon au-dessus desquels doivent être mises en œuvre les actions nécessaires pour réduire l’exposition des personnes, conformément à l’article R. 1333-15 du code de la santé publique. Ils sont fixés à 400 Bq/m3 et 1 000 Bq/m3. Et sont appelés « niveaux d’action ».

Références : Arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public, paru le 11 août 2004 au Journal officiel (texte 25).

 




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