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Carrefour : OnSiteControl, l’appli qui traque le travail dissimulé sur son chantier de Nice


Sur un chantier niçois d’envergure où Carrefour va plus que doubler sa surface commerciale, l’application développée par Bureau Veritas et appelée « OnSiteControl » permet un contrôle rapide et efficace des autorisations de présence des ouvriers, rendues nécessaires depuis la loi Macron. Explications. 

« Toutes les semaines, le contrôle est là… » Habitué des lieux, Christophe Brasseur, responsable construction grands projets chez Carrefour maîtrise d’ouvrage déléguée connaît bien les irrégularités qui peuvent fleurir sur un chantier. Aujourd’hui, l’homme qui a adopté l’application OnSiteControl développée par Bureau Veritas sur le chantier Carrefour de Nice-Lingostière se félicite de cette solution basée sur les nouvelles technologies. Démarré le 6 juin 2018, le chantier qui va faire passer le site de 8 000 à 20 000 m² à l’automne 2020 est maintenant contrôlé une fois par semaine par Bureau Veritas.

 « Ça nous soulage, précise-t-il. Avant sans ce système, il est arrivé qu’on ait un ou deux sous-traitants potentiellement non en adéquation avec les demandes d’agrément… Et le jour où un agent administratif de l'État procède à une inspection, cela nous demande un travail administratif important. C'est du temps non productif à l'avancée du projet en tant que tel. Maintenant, c’est fluide, on peut remettre facilement les entreprises dans le droit chemin ». 

Un processus fluidifié

OnSiteControl, c’est une prestation proposée par Bureau Veritas Construction pour vérifier la régularité des personnes qui interviennent sur un chantier. Pas toujours aisé, sur des sites comme celui de Nice, où l’on compte « une vingtaine d’entreprises. Et les entreprises majeures peuvent avoir jusqu'à 6nbsp;à 8nbsp;sous-traitants », compte Christophe Brasseur. Comment faire alorsnbsp;? En associant le QRCode de la Carte d’Identification du BTP, aux informations relatives au salarié renseignées sur la plateforme Bureau Veritas OnSiteControl par les entreprises intervenantes.

Un contrôle rendu plus que nécessaire depuis la « loi Macron » en date de 2017 qui rend le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre co-responsable du respect des règles de salaire minimum et de détachement. En cas de fraude, c’est lui qui est solidaire de l'employeur direct pour le paiement des rémunérations dues, et s’expose à une amende pouvant atteindre 500nbsp;000 euros. L’enjeu est pris très au sérieux par toutes les parties prenantes. Entre 200 000 et 300nbsp;000 travailleurs détachés seraient en situation irrégulière en France, et le secteur du bâtiment est particulièrement touché. 

Un système gagnant pour tout le monde 

« Les missions de contrôle de présence se sont généralisées à la suite de la loi Macron. Avant, le contrôle n’était pas automatisé, et nous travaillions manuellement, avec des fichiers Excel à remplir, rappelle Hervé Gastou, Coordonnateur CSPS (Coordination Santé Protection de la Santé) chez Bureau Veritas Construction à Marseille. Grâce à cette nouvelle application OnSiteControl avec ‘QR Code’, nos données sont plus fiables et, surtout, nous transmettons nos fiches d’inspection dans la journée, quasiment en temps réel. »

Un système gagnant pour tout le monde : « les ouvriers le prennent bien, explique Christophe Brasseur, ils comprennent qu’il faut être vigilant. La métropole de Nice aussi est rassurée, tout comme l’inspection du travail qui sait que le contrôle est effectué régulièrement par un tiers de confiance. »

Des contrôles simplifiés et plus fréquents

Dans les faits, tout repose sur la fameuse carte d’identification professionnelle qui dispose maintenant d’un QR code contenant des informations issues de la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi) et de l’URSSAF. C’est sur cette « carte BTP » que s’appuient les travaux de Bureau Veritas. En amont, les entrepreneurs fournissent une liste des personnels prévus : nom, prénom, fonction, statut (salarié, intérimaire, etc.) et… QR code de la carte. Bureau Veritas Construction se rend ensuite sur le terrain et procède par sondage pour s’assurer que chaque travailleur rencontré figure bien sur la liste transmise par l’entrepreneur.

Par ailleurs, le maître d’ouvrage dispose ainsi d’éléments suffisamment robustes pour prouver sa bonne foi en cas de contrôle. « Le rapport est disponible le soir même et facile à suivre, les conclusions sont documentées et traçables. »

Ce dispositif est une dissuasion forte pour les entrepreneurs, qui peuvent être contrôlés non seulement par l’État, mais aussi par le donneur d’ordre à n’importe quel moment. « Nous permettons au maître d’ouvrage de prouver de manière formelle et fiable qu’il a tout mis en œuvre pour lutter contre le travail dissimulé, explique Jérôme Glénat, Directeur CSPS France chez Bureau Veritas Construction. L’application OnSiteControl est venue répondre à un véritable besoin de réassurance chez nos clients. »




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