|

Alimentation : Ces nouveaux labels régionaux dont raffolent les « locavores »


Neuf Français sur dix déclarent prendre en compte l’origine France des aliments au moment de leurs achats, on les appelle les "locavores". Un engouement pour les produits locaux et les circuits courts qui incite les territoires à lancer leurs propres labels de productions agricoles et agroalimentaires.

Depuis plusieurs années, la mise en avant des produits issus du terroir prend de l’ampleur. Et c’est au Salon de l’agriculture, qu’ils trouveront naturellement leur place du 23 février au 3 mars 2019.

Qu’il s’agisse de Produit en Bretagne, de La région du goût pour le terroir d’Auvergne-Rhône-Alpes ou encore des Alliances locales dans les magasins Leclerc (partenariats de proximité entre producteurs et magasins), Région du Goût, ou Sud de France, ces démarches ont fait leurs preuves ! Le contenu de nos assiettes n’a jamais été aussi scruté.

« Il y a de plus en plus de questionnements autour de l’alimentation. Les Français veulent connaître l’origine des produits, le bassin de production et de transformation. Il y a 10 ans, la première recherche des consommateurs portait sur la qualité. Aujourd’hui, l’origine compte aussi », éclaire Jean-Michel Audrain, directeur de l’agence agro-industrie chez Bureau Veritas.

Ce changement des attentes s’inscrit dans un cadre plus vaste de prise de conscience des transitions qui parcourent notre société. Transition énergétique, transition écologique, monde bas carbone… Pour beaucoup, l’origine locale des produits est un plus.

Pas si simple de définir le « local »

Rien d’étonnant donc à ce que des structures administratives (chambres d’agriculture, conseils régionaux…) ou privées (chaînes de distribution, fabricants, transformateurs) cherchent à promouvoir les produits locaux ou régionaux. Cette tendance s’observe également dans la restauration commerciale ou collective (cantines scolaires ou d’entreprises).

Pourtant, le sujet est loin d’être simple. En effet, la notion de « produit local » est tout ce qu’il y a de plus flou. Est-ce la ville d’à-côté ? Le département ? La région ? Le « made in France » ? Autant d’éléments à fixer dans un cahier des charges strict, pour s’assurer de la pertinence du modèle et de la confiance que l’on peut lui accorder.

Pour garantir la conformité par rapport à un ou des référentiels établis d’un commun accord avec les professionnels, des audits peuvent être réalisés tout au long du processus. Ainsi, Bureau Veritas peut vérifier les engagements de chaque acteur de la filière, notamment qu’il n’y a pas de « génération spontanée » de matière.

Par exemple, si 100 kg de viande locale est expédiée, la mission de Bureau Veritas est de s’assurer qu’il n’y en aura pas 120 ou 150 en bout de chaîne. Pour certifier l’origine, les process liés à la traçabilité existent depuis longtemps, et peuvent même être renforcés par l’apport des nouvelles technologies comme la blockchain.

Les avantages du local sont nombreux. Pour les consommateurs de la région, c’est un véritable soutien à l’emploi et au développement économique des territoires. Pour ceux qui consomment local mais ne résident pas dans le territoire, ces produits labélisés sont une garantie d’authenticité.

Même le bio s’y est converti 

Sur le segment de marché du bio, les consommateurs s’intéressent aussi de plus en plus à l’origine, synonyme de meilleur bilan carbone. Le bio « local » est un créneau encore assez restreint, passant par le développement des réseaux de circuits courts, les paniers des Amap (association pour le maintien d'une agriculture paysanne) ou la vente directe à la ferme.

Si les labels locaux séduisent tant les consommateurs, c’est aussi parce qu’ils sonnent comme une promesse gustative. Les producteurs l’ont bien compris et ils misent sur le goût pour être à la hauteur.

«En parallèle des certifications sur l’origine, nous observons de plus en plus souvent la mise en place, par les régions, de démarche de qualité », explique Magalie Thébault, responsable marché agroalimentaire de Bureau Veritas. Ce mouvement de fond vers la recherche d’identification et de lien à la terre a été confirmé par un sondage réalisé par l’institut BVA pour la Presse régionale, l’été dernier.

Selon cette étude, qui pointait des modes de consommation en pleine mutation, la quasi-totalité des Français déclarait souvent prendre en compte la saisonnalité des produits (92%), la production en France (90%) ou dans leur région (85%), « signe d’une certaine intégration de ces préoccupations aux habitudes alimentaires » soulignait le sondage.

ARTICLES LES + LUS



|
SUR LE MÊME SUJET