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Visite de l’ADN, le lab où le Groupe PSA invente la voiture de demain

DieselGate, voiture autonome, Usine 4.0 : l'ADN ouvre ses portes et dévoile ses innovations


Gilles Le Borgne, Directeur de la Qualité et de l’Ingénierie du Groupe PSA, a ouvert les portes de l’ADN, le laboratoire d’innovation du Groupe PSA, à Didier Michaud-Daniel, Directeur général de Bureau Veritas. C’est au sein de l’ADN (Automotive Design Network) que nait toute l’innovation du Groupe : c’est ainsi l’endroit idéal pour évoquer les innovations et les enjeux du monde automobile…

L’ADN : le cœur de l’innovation selon PSA

Le laboratoire d’innovation, baptisé ADN (Automative Design Network), est l’endroit le plus secret et le plus stratégique du Groupe PSA. C’est là que naissent les innovations qui feront les voitures de demain, et que sont élaborées les réponses aux grands enjeux du monde automobile, comme la transition énergétique ou l’usine du futur… Didier Michaud-Daniel, Directeur général de Bureau Veritas, a eu le privilège de visiter l’ADN accompagné de Gilles Le Borgne, Directeur de la Qualité et de l’Ingénierie du Groupe PSA. Et ainsi d’aborder les problématiques du monde de l’automobile.

L’ADN regroupe des équipes de pointe. On y trouve des équipes d’avant-projet, de réalité virtuelle, de design, qui imaginent les voitures de demain. Ce sont au total  250 personnes regroupées dans l’UXCT (User eXperience Cockpit Team) qui collaborent  en mode agile et qui conçoivent les interfaces hommes machine du futur… sans oublier les équipes CAO (Conception Assistée par Ordinateur), ou encore celles des ateliers…

La visite débute d’ailleurs par les ateliers, où l’on fait de surprenantes rencontres, comme cette voiture recouverte de petits triangles irréguliers noirs et blancs, qui brouillent ses lignes : une voiture « sous camouflage », dont les détails resteront invisibles sur les photos des journalistes. Ou une imprimante 3D qui fabrique des pièces en thermoplastique, destinées à des tests de montage ou de géométrie. Mais aussi le PEMS (Portable Emission Measurement System), boitier de plus de 70 kg d’équipements, attaché à l’arrière d’une voiture pour mesurer ses émissions et sa consommation en usage réel. Et emblématique de la réactivité du Groupe.

Quand le Groupe PSA apporte une réponse énergique et radicale au Dieselgate 

L’utilisation du PEMS s’est développée chez PSA suite au Dieselgate. Rappelez-vous : il y a trois ans les consommateurs découvraient, stupéfaits, que des moteurs diesel avaient été traffiqués pour passer les normes d’homologation. Depuis, les autorités ont réagi. Les constructeurs impliqués se sont vus infliger des amendes aux Etats-Unis et en Europe. L’Union Européenne a renforcé son arsenal législatif en matière d’homologation des automobiles, avec de nouvelles règles de  certification des voitures, et de pénalités allant jusqu’à 30 000 € par véhicule non conforme, en cas de triche avérée…

le PEMS (Portable Emission Measurement System), boitier de plus de 70 kg d'équipements, attaché à l'arrière d'une voiture pour mesurer ses émissions et sa consommation en usage réel

Face à cette situation, le Groupe PSA a été extrêmement réactif, et s’est engagé à publier la consommation et les émissions de ses voitures en usage réel. Une décision d’une transparence totale, mise en place grâce à un partenariat inédit, noué par le Groupe PSA avec deux ONG (Transport & Environnement, et France Nature Environnement) et Bureau Veritas.

« Cette collaboration est unique au monde dans l’industrie automobile, et le Groupe PSA reste à ce jour le seul constructeur à s’être engagé dans une telle initiative » souligne Gilles Le Borgne, Directeur de la Qualité et de l’Ingénierie de PSA.

POUR APPROFONDIR
Emissions de CO2, consommation : les coulisses des tests ultra-sécurisés de PSA

Le RDE : la transparence pour restaurer la confiance

Pour Bureau Veritas, ce projet appelé RDE (Real Driving Emissions), a aussi été un véritable challenge. Il fallait mettre au point une méthode pour mesurer les émissions et consommations sur route, et non dans un laboratoire. Il fallait aussi que cette méthode soit reproductible et fiable. Il fallait enfin que les résultats soient interprétables par le grand public. Plus de 6 mois de travail ont été nécessaires au Groupe PSA, à Bureau Veritas et aux ONG partenaires, pour imaginer un protocole répondant à toutes les exigences.

« Après ce scandale, nous avons voulu restaurer la confiance que nous accordaient les automobilistes. C’est ainsi que nous avons imaginé les tests sur route, une première mondiale, réalisés en toute transparence tandis que Bureau Veritas, s’appuyant sur son savoir-faire en matière de mesure et fort de son indépendance reconnue, se porte garant de la sincérité et de l’intégrité des résultats » résume Gilles Le Borgne.

La voiture autonome : une délégation progressive

Parmi les projets majeurs de l’ADN, la voiture connectée tient également une place particulière. Impliqué très tôt sur ce sujet, le Groupe PSA a été le 1er constructeur à réaliser des essais de véhicules autonomes sur route ouverte : dès juillet 2015 le Groupe obtenait les autorisations nécessaires pour faire rouler ses prototypes sur le réseau routier. Et depuis mars 2017, PSA est autorisé à mener des essais avec des automobilistes non experts.

Le Groupe PSA a une vision très précise de la voiture autonome : une voiture destinée à tous, exploitant des d’assistances pour déléguer la conduite et éviter les tâches monotones et rébarbatives. Des objectifs réunis dans le programme AVA (Autonomous Vehicle for All), qui définit 5 niveaux d’automatisation, et donc de délégation de la conduite :

  • Foot-off (le conducteur n’a plus de pédales à utiliser) ;
  • Hands-off (la direction est pilotée par la voiture, et non plus par le volant) ;
  • Eyes-off (le conducteur n’a plus besoin de garder les yeux rivés à la route) ;
  • Mind-off (le conducteur peut se consacrer à une autre tâche, faire un mot croisé ou lire le journal, mais reste « au volant », prêt à réagir) ;
  • Driverless (un conducteur ? quel conducteur ?).

« Aujourd’hui nous avons 20 à 25 prototypes « mind-off » qui sillonnent les routes d’Europe, et ont parcouru plus de 150 000 km en mode autonome. Les conducteurs sont toujours présents, mais uniquement pour reprendre la conduite en main à la demande de la voiture » détaille Gilles Le Borgne.

Là encore Bureau Veritas est aux côtés de PSA, et collabore avec la R&D pour s’assurer de la sureté des technologies dès leur phase de développement. Bureau Veritas a ainsi publié des guides techniques relatifs à la cyber sécurité par exemple…

Le véhicule autonome va bouleverser l'usage de la voiture - ADN

PSA doit imaginer des technologies propres pour répondre aux enjeux de la transition énergétique, des voitures autonomes plus sûres pour retrouver du temps et simplifier le quotidien, des voitures connectées pour apporter de nouveaux services... Et transformer les voitures en solutions de mobilité plus que de possession.

Gilles Le Borgne, Directeur de la Qualité et de l’Ingénierie du Groupe PSA

 Accompagner la transition énergétique

Autre sujet de réflexion et d’étude pour le Groupe PSA : les alternatives aux moteurs à combustion, avec les motorisations électriques, hybrides, full hydrogène…

« PSA a adopté un positionnement audacieux : plutôt que de concevoir une voiture électrique, nous développons des plateformes multi-énergies. Ainsi à partir de 2019, tout nouveau véhicule produit sera décliné en une version électrique ou hybride, sur une base commune. C’est ainsi toute la gamme qui sera électrifiée, et non pas certains modèles spécifiques, pour répondre au mieux aux besoins du marchés et s’adapter aux usages clients » fait remarquer Gilles Le Borgne.

La stratégie du Groupe PSA est globale, et intègre les autres défis de l’électromobilité. D’abord les stations de recharge, dont le réseau et la puissance doivent progresser. Mais aussi la conception et la fabrication des batteries, la production et la gestion d’énergie, les réseaux intelligents… sans oublier le recyclage des batteries et des infrastructures de chargement.

Par ailleurs, PSA a aussi travaillé à l’allègement des plateformes : un autre moyen de réduire la masse des véhicules, donc leur consommation… et les émissions de CO2.

Sur la plateforme EMP2, le Groupe a gagné 70 kg, en étendant l’usage de matériaux allégés innovants (composite, aluminium, aciers à haute limite élastique…), et en optimisant le dimensionnement des composants. La plateforme CMP, lancée prochainement, affichera des gains de masse aussi importants.

Un robot collaboratif pour construire des voitures sur les chaines de montage PSA

Imaginer l’usine 4.0 : plus performante, plus sûre

Enfin, l’innovation n’est pas seulement dans les produits finaux : pour toujours plus de sécurité, de performance et de fiabilité, PSA innove aussi dans ses ateliers de fabrication, pour imaginer l’usine du futur.

Le Groupe PSA est membre, tout comme Bureau Veritas, du Factory Lab, un consortium qui mise sur une approche collaborative pour imaginer l’usine 4.0. Au sein d’un écosystème complet, chaque membre apporte sa contribution. Les donneurs d’ordre comme le Groupe PSA ou Bureau Veritas expriment leurs besoins, auxquels les intégrateurs et techno-providers apportent des réponses, en collaboration avec les meilleures compétences académiques… « En partant de besoins mutualisés, il est plus facile de mener l’innovation jusqu’au terrain. Alors en 1,5 an d’existence, le Factory Lab a fait progresser notre compréhension des enjeux de l’industrie 4.0, mais a aussi des résultats concrets à montrer dans la digitalisation des usines, l’automatisation intelligente des process, l’assistance de l’opérateur » remarque Gilles Le Borgne.

Ces différentes avancées seront valorisées dans différentes usines du Groupe. Par exemple avec des Cobots, ces robots collaboratifs qui assistent déjà les opérateurs sur certains sites pour leur éviter les gestes trop répétitifs ou pénibles.

« Les technologies de l’industrie 4.0, comme les cobots, les usines connectées, les jumeaux numériques, l’automatisation, etc., vont rendre l’industrie intelligente, réactive, agile, économe en ressources, respectueuse de l’environnement… Mais il est indispensable de veiller à leur sécurisation. Un point sur lequel Bureau Veritas intervient : nos ingénieurs sécurité machine ont en effet participé́ à l’élaboration d’un guide du Ministère du travail pour aider les industriels dans l’implantation de telles machines à proximité́ des opérateurs » souligne Didier Michaud-Daniel.

Bureau Veritas, garant de la maitrise et de la sécurisation des technologies, aide ses clients à gagner en efficacité, en visibilité positive, pour aller vers un futur plus sûr.

Didier Michaud-Daniel, Directeur Général du Bureau Veritas

 

Laurence Théry 




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