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Le Bio : Bureau Veritas certifie de la fourche à la fourchette


Un processus rigoureux, sérieux, et qui rassure. Après tout, n’est-ce pas de qualité et d’environnement dont il s’agit ? Entretien avec Jean-Michel Audrain, Responsable Marché au sein du Département Agro-industrie de Bureau Veritas.

Où en est le marché du Bio ?
Jean-Michel Audrain : C’est un marché en pleine explosion. En 2009 et en 2010 la commercialisation et la consommation de produits d’origine biologique ont progressé de 20 à 25%, contre de 3 à 5% les années précédentes. En 2010, le marché Bio représentait 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Pourquoi un tel développement ?
JMA : Il s’explique par une demande croissante des consommateurs encouragée par une « démocratisation » du Bio. Les grandes enseignes (y compris celles du « hard discount ») ont pris le vent du Bio il y a trois ans et réalisent aujourd’hui sur ce marché 45% des ventes (38% pour les magasins spécialisés). Leurs rayons Bio proposent des œufs, des produits laitiers (produits les plus consommés) mais aussi des fruits, des légumes et de l’épicerie à un prix qui se rapproche de plus en plus de celui des produits conventionnels. Seuls les produits Bio d’origine animale restent chers. En parallèle des grandes surfaces, la vente directe des produits frais, du producteur au consommateur, grignote des parts de marché (12% actuellement). Pour être complet rappelons aussi que l’Etat incite à la consommation Bio lorsque, par exemple, il demande aux cantines scolaires de servir des repas Bio.

Pourquoi achète-t-on Bio ?
JMA : L’Agence Bio/CSA a demandé aux consommateurs les raisons pour lesquelles ils achetaient Bio : la préservation de leur santé arrive en tête (91%), puis viennent la qualité et le goût des produits (89%), la sécurité (87%) et l’environnement (86%). Environ 4 français sur 10 consomment des produits Bio au moins une fois par mois.

Est-ce que la production agricole Bio connaît le même essor ?
JMA : Le nombre d’agriculteurs convertis au bio est en hausse mais le saut quantitatif n’est pas aussi spectaculaire et ce sont souvent les importations qui permettent de satisfaire la demande. Depuis le Grenelle de l’Environnement, l’Etat a fixé un objectif de doublement des surfaces cultivées en Bio (4% contre 2%) et des aides sont accordées aux agriculteurs qui se convertissent.

Est-il difficile de se convertir au bio ?
JMA : Des années de recours aux pesticides ne s’effacent pas d’un revers de main. Il faut en moyenne deux années sans engrais et sans pesticide pour que la terre puisse prétendre au Bio. Pour les producteurs de légumes ou les éleveurs, c’est un challenge ; ils doivent changer du tout au tout leur modèle technique et économique. Les jeunes qui arrivent dans le métier avec un BTS agricole en poche savent peu ou prou conduire une exploitation en Bio ; mais pour les anciens tout est à souvent réapprendre, c’est une vraie prise de risque même avec les aides accordées dont le montant n’est pas si élevé.

Pourquoi dès lors se lancer dans le bio ?
JMA : Actuellement, la motivation est la qualité des produits. Il y a souvent une envie de tordre le cou à l’équation agriculteur = pollueur. En outre, ce secteur en pleine croissance attire de nombreux agriculteurs qui y voient une opportunité économique.

Où en est la certification des produits de l’agriculture biologique ?
JMA : Depuis trois ans, un nouveau règlement européen décrit les normes applicables à la filière Bio dans l’ensemble des pays de la Communauté, reconnaissant et renforçant ainsi les pratiques existantes. Certifié sur la base du référentiel européen l’opérateur, peut apposer le nouveau logo Bio européen sur ses produits avec ou sans le logo Français Marque AB.

Qu’est-ce que la certification Bio ?
JMA : La certification Bio (Organic en anglais) d’un produit s’entend «de la fourche à la fourchette» ; chaque acteur de la chaîne – producteurs, coopératives, transporteurs, transformateurs, grossistes, distributeurs, magasins, restaurateurs, cantines …- doit obligatoirement être certifié par un organisme agréé par l’Etat pour que le produit puisse bénéficier du label Bio. Ces produits certifiés présentent des garanties en termes de non utilisation de produits chimiques de synthèse, de non utilisation d’OGM et de respect du bien-être animal.

Est-ce que Bureau Veritas est agréé pour la certification bio ?
JMA : Oui. Bureau Veritas est un acteur majeur de la certification Bio. Sa filiale, Qualité-France, est agréée par les pouvoirs publics pour certifier les acteurs du bio ; ce qui vaut à Bureau Veritas d’être le numéro 2 français en nombre de certifications Bio délivrées. Nous avons célébré cette année le 10 000 ème opérateurs Bio certifié.

Quels conseils donneriez-vous aux professionnels qui hésitent à se lancer dans la démarche ?
JMA : La difficulté réside dans leur conversion technique et la bonne traduction opérationnelle de règles du bio. Quant à la certification, elle s’inscrit dans une démarche volontaire de leur part et nos contrôleurs s’assurent que tout est bien conforme au référentiel : s’ils se sont bien préparés, il n’y a pas de raison pour que ça se passe mal !

Est-ce que Bureau Veritas croit au développement du bio ?
JMA : Nous avons beaucoup d’ambition sur le secteur Bio. Nous nous adaptons sans cesse aux demandes du marché et aux évolutions réglementaires. Fort d’une équipe de 180 personnes, nous embauchons 15 personnes chaque année ; nous les formons pour pouvoir mener des opérations auprès de toutes les catégories d’opérateurs, de l’éleveur d’escargots de Bourgogne à la sandwicherie d’aéroport. L’idée est d’être le plus pragmatique possible avec des processus adaptés à chaque professionnel de la filière.

Qualité France Bureau Veritas

  • Qualité-France Bureau Veritas certifie l’ensemble des acteurs de la filière Bio « de la fourche à la fourchette ».
  • Pour plus d’informations sur Qualité France et ses missions, contactez nous en cliquant ici.



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