|

Renforcer la sécurité des digues et barrages


Le point sur la question avec Daniel van Wickeren, spécialiste en génie civil hydraulique chez Bureau Veritas.

Le décret du 11 décembre 2007 relatif à la sécurité des ouvrages hydrauliques présente une échéance au 31 décembre 2012. De quoi s’agit-il ?
Daniel van Wickeren :
Il oblige les responsables de digues et barrages (collectivités, propriétaires privés, EDF…) à réaliser plusieurs études et inspections périodiques comme la visite technique approfondie (VTA), l’étude de dangers, la revue de sûreté, la réalisation de dossier d’ouvrage ou encore, l’élaboration des consignes écrites.

Tous les propriétaires et gestionnaires de digues et barrages sont-ils concernés par cette date butoir ?
D. W. :
Non, seulement les responsables d’ouvrages de classe A. Pour les autres barrages et digues, l’échéance sera fin 2014. Mais on constate que certains Préfets ont arrêté des échéances plus proches en imposant comme date butoir : fin 2013. Il faut rappeler que le décret a introduit un classement des ouvrages hydrauliques en 4 catégories : A, B, C, et D (voir encadré). Les barrages sont classés en fonction de leur hauteur et du volume de leur réservoir, tandis que les digues se différencient par leur hauteur et la taille de la population qu’elles protègent. Pour chacune de ces classes, le décret a défini les études, vérifications et diagnostics à réaliser, ainsi que leurs périodicités.

Pour quelle raison certains Préfets ont-ils avancé l’échéance réglementaire d’ouvrages présents sur leur territoire ?
D. W. :
Ils savent que les études et inspections réglementaires durent parfois longtemps. Normalement, il faut compter deux à trois mois si toutes les informations sont déjà disponibles. Mais cela peut être plus long si un relevé topographique ou une modélisation hydraulique doivent être réalisés. Par exemple, pour réaliser une étude de danger, il faut parfois compter jusqu’à six mois.

Combien existe-t-il de barrages et de digues en France ?
D. W.
: Il y a environ 300 barrages de classe A, 300 de classe B et environ 1 000 de classe C. Quant aux barrages de classe D, il en existe plus de 50 000 répartis sur l’ensemble du territoire. En ce qui concerne les digues, leur recensement devrait être achevé fin 2012. A ce jour, on compte plus de 8 000 kilomètres de digues côtières. Les autres ont été érigées le long des canaux, rivières et autres plans d’eau potentiellement menaçants.

Pour certains ouvrages, une étude de danger a été imposée. En quoi consiste-t-elle ?
D. W. :
Les responsables de barrages de classes A et B, ainsi que de digues des classes A, B et C doivent effectuer une étude de danger dont le contenu a été précisé par l’arrêté du 12 juin 2008. Cette étude a pour objet de caractériser les risques intrinsèques à l’ouvrage, ainsi que ceux susceptibles de se manifester à l’occasion de phénomènes exceptionnels tels que des crues ou des séismes. Cette étude doit également identifier les parades et moyens de prévention et de protection permettant de maîtriser ces risques.

Comment Bureau Veritas peut-il accompagner les propriétaires et gestionnaires de barrages et de digues ?
D. W. :
Les responsables de digues et barrages de faible à moyenne classe ont parfois besoin d’être conseillés par un organisme agréé pour mieux comprendre la démarche à suivre et effectuer les obligations de la réglementation. Fort de son expérience dans le domaine des infrastructures, Bureau Veritas est en mesure de réaliser tous les actes de surveillance des ouvrages hydrauliques : depuis l’examen de l’étendue du patrimoine concerné qui permet de recenser les opérations de surveillance obligatoires, jusqu’à la réalisation de toutes les démarches réglementaires et vérifications périodiques (visites techniques, revue de sûreté et études de dangers), en passant par l’accompagnement à l’élaboration d’un plan de surveillance.

 

Quelles différences entre digue et barrage ?

  • Un barrage de retenue est un ouvrage réalisé en élévation par rapport au terrain naturel et destiné à stocker de l’eau. Une digue a pour objectif d’empêcher l’eau de déborder en cas de crue, par exemple pour protéger les populations. Par ailleurs, les barrages sont localisés transversalement aux cours d’eau, tandis que les digues sont des ouvrages longitudinaux. Toutefois, les parties des digues de canaux en remblai, bien que couramment désignées comme « digues » sont à considérer comme des barrages et doivent en respecter la réglementation.

 

Classement des barrages

  • Classe A : h supérieure ou égale à 20 m
  • Classe B : h supérieure ou égale à 10 m et h2 x V0,5 supérieur ou égal à 200
  • Classe C : h supérieure ou égale 5 m et h2 x V0,5 supérieur ou égal à 20
  • Classe D : h supérieure ou égale à 2 m
  • h = la hauteur du barrage en mètres au-dessus du terrain naturel
  • V = le volume du réservoir en millions de m3

 

Classement des digues

  • Classe A : hauteur supérieure ou égale à 1 m et nombre d’habitants dans la zone protégée supérieur ou égal à 50 000
  • Classe B : hauteur supérieure ou égale à 1 m et nombre d’habitants dans la zone protégée supérieur ou égal à 1000
  • Classe C : hauteur supérieure ou égale à 1 m et nombre d’habitants dans la zone protégée supérieur ou égal à 10
  • Classe D : hauteur inférieure à 1 m ou nombre d’habitants dans la zone protégée inférieur à 10

 

Bureau Veritas accompagne les propriétaires et gestionnaires d’ouvrages :

  • Recensement des opérations de surveillances
  • Dossier d’ouvrage
  • Réalisation des consignes de surveillance
  • Visite technique approfondie
  • Etude de dangers
  • Diagnostic de sureté
  • Pour plus d’informations, cliquer ici
  • Pour nous contacter, cliquer ici

 

 




|
SUR LE MÊME SUJET