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La légionellose prospère avec le réchauffement climatique (et comment s’en prémunir)


La légionellose est due à une bactérie qui prolifère particulièrement lorsqu’il fait chaud. La hausse des températures s’accompagne de cas de plus en plus importants. Mais des solutions de dépistage existent.

L’été 2018 a enregistré en France des records de chaleur, avec plus de 40 jours affichant des températures supérieures à 25 degrés (notamment en mai et juin), mais aussi un record du nombre de cas de légionellose. À la fin de l’été, on dénombrait plus de 1 300 cas, soit une hausse de 64% par rapport à la même période en 2017. Un niveau exceptionnel depuis 30 ans, que l’agence Santé publique France explique en partie par des facteurs météorologiques. Afin de prévenir les risques de contamination à grande échelle, la réglementation impose aux établissements recevant du public une étroite surveillance de leurs installations de production, stockage et distribution d’eau chaude sanitaire.

Une bactérie très répandue autour de nous

La légionelle est une bactérie pathogène qui apprécie particulièrement les milieux chauds, dans lesquels le thermomètre affiche 25 à 45 degrés. C’est donc tout naturellement qu’on la trouve dans les réservoirs d’eau naturels (lagunes, lac, terreau…), mais aussi artificiels : réseaux d’eau chaude sanitaire, douches, bains à remous, fontaines décoratives, installations de refroidissement utilisées pour la climatisation, équipements de brumisation, etc. « Ce type d’installations fait partie de notre quotidien, par exemple les réseaux d’eau chaude des spas ou les brumisateurs sur les étals de produits frais », rappelle Frédéric Dupasquier, Directeur métier Performance HSE chez Bureau Veritas. Nous y sommes tout particulièrement exposés pendant l’été, car les équipements à risque sont présents aussi bien dans les structures d’hébergement que dans les piscines, les parcs ou encore les terrasses de café.

La contamination se fait principalement par voie respiratoire, en cas d’inhalation de microgouttelettes d’eau contaminée. Si sa forme la plus commune est la « fièvre de Pontiac », dont les symptômes s’apparentent à ceux d’une grippe et dont la guérison est spontanée, elle peut aussi engendrer une infection pulmonaire sévère et être mortelle. C’est pourquoi elle fait partie des maladies « à déclaration obligatoire » (par les médecins et biologistes) et fait l’objet d’une surveillance rapprochée sur l’ensemble du territoire national.

Une réglementation très stricte, et des contrôles plus fréquents

Le Code de la santé publique impose aux exploitants de mettre en œuvre un système de contrôle des facteurs favorables au développement de la bactérie : stagnation de l’eau, tartre, corrosion, mauvais réglage des températures, etc. Il exige également la tenue d’un fichier sanitaire qui permet de tracer les opérations d’entretien, et qui formalise le suivi régulier des températures et de la concentration en légionnelle dans l’eau (par exemple, pas plus de 1 000 UFC1  par litre de Legionella pneumophila pour l'eau chaude sanitaire). Ce carnet sanitaire recense enfin les plans des installations ainsi que les consignes d’exploitation. 

« Mais au-delà de ces obligations, un grand nombre d’exploitants rencontrés ces dernières années n’ont pas connaissance de la recrudescence des cas de légionellose », déplore Vivien Bachelard, Chef de projet HSE chez Bureau Veritas. Heureusement, les visites effectuées par les Agences régionales de santé (ARS) et les Directions régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) se multiplient, ce qui permet à la fois d’alerter les acteurs concernés et d’accélérer la mise en conformité. Pour pouvoir montrer « patte blanche », un nombre croissant d’exploitants fait appel de manière volontaire à des organismes indépendants, notamment pour effectuer des prélèvements d’eau sur les parois des équipements et réseaux d’eau et déterminer, une dizaine de jours plus tard, le temps des analyses en laboratoire, la concentration en légionelle dans l’eau.

Mais Bureau Veritas propose une assistance plus large : gestion des risques, mise en place du carnet sanitaire, réalisation de contrôles périodiques, mais aussi, tout simplement, formation au risque légionelle. En effet, la vigilance est la première mesure de protection contre la légionellose : parfois, les analyses indiquent un taux de concentration bactérienne inférieur aux seuils réglementaires, mais qui traduit néanmoins une dégradation de la qualité de l’eau. Il faut alors surveiller, pour éviter d’avoir à recourir à des interventions plus lourdes et coûteuses, telles qu’une désinfection chimique ou un choc thermique. Jamais l’adage « prévenir vaut mieux que guérir » n’aura été aussi vrai ! 

 

1  Unité Formant Colonie : unité mesurant le nombre de colonies formées par les bactéries

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