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Pourquoi les producteurs d’énergies « vertes » doivent montrer patte blanche

Décryptage de la nouvelle réglementation qui veut rendre les énergies vertes plus vertueuses


 

Parce que l'Etat apporte aux producteurs d'énergies vertes un complément de rémunération à la revente de cette électricité sur le marché, le code de l'Energie impose un contrôle des installations de production. L'objectif est de contrôler la conformité technique et administrative des installations, mais surtout d'apporter des garanties sur la performance annoncée. Le point avec Frédéric Dupasquier, directeur performance Hygiène, Sécurité, Environnement chez Bureau Veritas.

 

Ce type de contrôle existe pour les filières biogaz, biomasse ou encore la cogénération depuis près de 20 ans. En quoi y avait-il nécessité pour l'Etat de légiférer pour les autres énergies vertes ?

Depuis le Grenelle de l'environnement et la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte de 2015, les aides à la production d'électricité pour les énergies vertes solaires/photovoltaïques, géothermiques, hydrauliques, et éoliennes ont été renforcées. Ces filières se sont donc développées et structurées. Pour l'Etat, il s'agit de vérifier que l'énergie qu'il achète à un prix bonifié est bien d'origine renouvelable. Pour les exploitants, c'est un moyen d'apporter une garantie à la collectivité, à la filière, et au grand public, du caractère « vert » de l'énergie produite.

À quel type de contrôle est soumis le producteur d’énergie verte ?

Dans le cas d'une centrale photovoltaïque, le bilan carbone des panneaux solaires doit être très bas. Nous vérifions donc notamment la performance des équipements installés, le degré de financement participatif, le relevé des compteurs de revente. Il s’agit de l'audit technique. Nous réalisons également un audit administratif. Par exemple, les éoliennes doivent être séparées d'une certaine distance pour ne pas gêner le fonctionnement des autres fermes éoliennes se trouvant à proximité.

À quel moment ces audits doivent-ils être menés ?

L’obligation réglementaire impose que ce contrôle soit mené avant la signature du contrat de revente d’électricité, c’est-à-dire avant la mise en service de la centrale.

Si le producteur n'atteint pas les niveaux de performances auxquels il s'est engagé, il doit restituer le trop-perçu d'aide publique.

Frédéric Dupasquier, directeur performance Hygiène, Sécurité, Environnement chez Bureau Veritas

Dans quelle mesure ces audits permettent d'améliorer le rendement industriel de ces centrales ?

Ces améliorations possibles concernent les filières dites thermiques à savoir la cogénération gaz naturel, le biogaz, la biomasse, l'incinération de déchets. Or, la rentabilité d'une installation est associée notamment à l'efficacité énergétique. Si les exploitants surestiment leur performance, ils doivent restituer le trop-perçu d’aide publique. L’audit initial leur permet d'estimer au plus juste la performance d'une installation sur une durée donnée.

Opérez-vous d'autres audits, une fois l'unité industrielle installée ?

C'est uniquement le cas pour les filières thermiques car dans l’éolien et le photovoltaïque, par exemple, l’audit se positionne lors de l’installation. Dorénavant, pour le thermique donc, un contrôle doit être opéré tous les quatre ans. Nous vérifions notamment le niveau de performance annuel pendant les quatre années précédentes. Cela permet aux exploitants de justifier des aides publiques perçues.

Eolien offshore : comment EDF EN devance la certification

« Provence Grand Large » sera le premier projet de parc éolien flottant certifié en France et l’un des tout premiers au monde. Le processus de certification du projet de ce parc éolien pilote, au large du Golfe de Fos, est initié dans le cadre d’une démarche volontaire d’EDF Energies Nouvelles qui a sélectionné Bureau Veritas, acteur majeur dans le domaine, reconnu par l’IECRE pour ses compétences, son impartialité et son indépendance.

Fort de son expérience de plus de 15 ans dans les projets éoliens offshore, de 35 ans dans l’industrie pétrolière offshore (certification de plus de 70 plateformes en Mer du Nord et 80 en Asie), Bureau Veritas est à même de réunir toutes les compétences requises pour un tel projet. Ses experts maîtrisent les technologies utilisées (ancrage, turbine, flotteurs, câbles, sécurité...), connaissent les standards et codes applicables, et réaliseront des études techniques indépendantes de stabilité et résistance.

Les 3 éoliennes Siemens-Gamesa constituant le projet Provence Grand Large ont une puissance nominale de 8 MW chacune, elles seront montées sur des flotteurs SBM offshores et produiront au total l’équivalent de la consommation de 40 000 habitants.




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