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Mondial 2018 : ces innovations automobiles qu’il ne faudra pas manquer

Voiture propre et autonome, mais aussi sur les nouvelles mobilités urbaines, sécurité des données… les dernières tendances du monde de l'automobile


Le salon de l’auto parisien se réinvente. Aux côtés du traditionnel showroom automobile trois autres évènements retiendront l’attention des  visiteurs du 4 au 14 octobre à la Porte de Versailles à Paris. Un Mondial de la moto, un salon de la mobilité et un Mondial de la technologie automobile. 

Le Mondial de l’automobile fête cette année ses 120 ans, et devient pour l’occasion le Mondial Paris Motor Show. Un anniversaire teinté d’un peu d’amertume puisque 13 marques ont déclaré forfait : Ford, Opel, Nissan, Infiniti, Volvo, Mitsubishi, Subaru, Mazda Volkswagen Fiat, Abarth, Jeep et Alfa Romeo. Raisons invoquées : le coût de cette manifestation pour les exposants qui misent désormais sur la Chine et ses deux salons en alternance (Pékin et Shanghai) et ne privilégient plus qu’un seul salon en Europe (Paris, Francfort ou Genève).  Mais aussi l’insuffisance de retombées commerciales d’une grande messe qui attire pourtant encore plusieurs centaines de milliers de visiteurs (1,1 million à Paris en octobre 2016 pour 810 000 à Francfort en septembre 2017 et 660 000 en mars dernier à Genève).

Nouvelle donne

Les salons de l’auto sont donc contraints de se réinventer. « Depuis 18 mois tous les salons évoluent vers le concept plus global de mobilité, constate Virginie Laurent en charge du marché automotive chez Bureau Veritas, et s’intéressent désormais aux écosystèmes technologiques de l’automobile notamment pour la gestion des données des véhicules et leur connectivité. »

Le Mondial de Paris qui réduit sa durée (11 jours au lieu de 16) s’élargit ainsi au Mondial de la Moto et donne naissance à deux nouveaux évènements : le Mondial de la mobilité et le Mondial .Tech.

Cap sur la mobilité urbaine

Alors qu’existe déjà depuis deux ans à Paris le salon Autonomy, dédié à la mobilité urbaine, le pavillon 2.2 de la Porte de Versailles va donc accueillir à son tour un salon de la mobilité tourné vers les "solutions" (route, parking, covoiturage, assureurs, loueurs, banques, transports en commun). Parmi les exposants les acteurs de la mobilité partagée et collaborative, les prestataires de service, organismes de promotion de la mobilité collective, fournisseurs de nouvelles énergies, fabricants de cycles et de véhicules de micro mobilité (trottinettes, planches à roulettes, mono-roues…).

Rendez-vous technologique BtoB

Autre rendez-vous de l’édition 2018, le Mondial .Tech qui réunira dans le nouveau pavillon 7.3 rebaptisé « Paris Convention Center », plus d’une centaine d’exposants dans les domaines des nouvelles technologies. Durant cinq jours (du 2 au 6 octobre), cet événement strictement professionnel fédèrera 64 start-up dédiées à la mobilité (sélectionnées parmi plus de 300). Avec en vedette américaine Gary Shapiro, le fondateur du Consumer Electronic Show -CES- de Las Vegas qui sera présent le 3 octobre.  Le Mondial .Tech se veut une plate-forme d’échanges BtoB entre toutes les parties prenantes de l’industrie automobile, les pouvoirs publics, le monde de la finance et des médias. Au programme  un cycle de conférences et d’ateliers thématiques et un concours de start-up - les Startup Awards Mondial .Tech - dédiées à l’industrie automobile et aux futures mobilités. Les 64 jeunes pousses sélectionnées, issues d’une trentaine de pays, seront invitées à pitcher et à exposer sur le salon pour rencontrer l’écosystème et nouer des relations d’affaires.

Elles concourront au sein des 8 thématiques d’innovation de la filière industrielle :

  • mobilité durable ; 
  • électrification & hybridation ;
  • matériaux et allégement ;
  • bien être à bord ;
  • stockage et systèmes énergétiques ;
  • connectivité et ITS (Intelligent transport systems, systèmes de transports intelligents) ;
  • sécurité, automatisation et cyber sécurité ; 
  • industrie 4.0.

Tous les constructeurs investissent dans la voiture autonome

Virginie Laurent, en charge du marché automotive chez Bureau Veritas

Le règne de la voiture autonome

Autant de thèmes qui baliseront en quelque sorte le nouveau parcours du visiteur du Mondial dont le centre d’intérêt principal sera sans conteste le véhicule autonome.

« On ne sait pas encore quand la voiture pleinement autonome roulera sur nos routes, en 2025, 2035 ou 2050, note Virginie Laurent, mais des véhicules partiellement autonomes de niveau 2 ou 3 (lire encadré, ndlr) sont déjà en circulation, dotés par exemple des nouveaux systèmes de régulation adaptative de la vitesse ». 

Cette quête de l’autonomie totale repose notamment sur la multiplication des technologies permettant de détecter des obstacles tout en reproduisant l'environnement routier (laser, radars, caméras, capteurs à ultrasons…). « Tous les constructeurs investissent pour anticiper les derniers niveaux d’autonomie et la généralisation des essais sur route » précise Virginie Laurent. 

Une énergie nouvelle

Autre innovation automobile majeure du prochain mondial : l’énergie, avec les véhicules électriques et les motorisations alternatives (hybrides, gaz naturel, hydrogène…). « Des innovations moins facilement perceptibles par le grand public seront également présentées sur les moteurs thermiques traditionnels, en relation avec la réglementation des émissions  polluantes, souligne Virginie Laurent. Dans le contexte du dieselgate, Bureau Veritas travaille ainsi très en amont avec le groupe PSA pour développer un protocole de test réaliste, représentatif de l’utilisation quotidienne d’un véhicule sur route. »

Des constructeurs comme BMW ou Audi proposent quant à eux de nouveaux systèmes de recharge des véhicules électriques à domicile par induction via le stationnement sur une plaque spécifique posée sur le sol. 

Sécurité accrue

Dernier thème innovant : la sécurité,  avec comme objectif chez tous les constructeurs et équipementiers de faire baisser le nombre d’accidents et de victimes mais aussi de s’adapter à la nouvelle donne des voitures autonomes.  « La réglementation Euro NCAP va évoluer, par exemple en matière d’airbags et de ceintures de sécurité, avec l’arrivée des véhicules autonomes qui vont modifier la position des passagers dans l’habitacle, conclut Virginie Laurent. D’autres secteurs seront impactés comme les matériaux utilisés, la forme des composants. Toute la filière travaille sur ces questions y compris les assureurs. »

 

Les voitures sont classées aujourd’hui selon leur niveau d’autonomie : 

- niveau 0 : le conducteur garde totalement le contrôle sur toutes les fonctions du véhicule, freins, accélération, direction.
- niveau 1 : l’ordinateur de bord peut gérer la vitesse ou la direction, avec par exemple un régulateur de vitesse adaptatif qui va ralentir pour conserver les distances de sécurité avec le véhicule qui précède, ou un système de contrôle latéral suivant les lignes blanches sur la chaussée.
- niveau 2 : la voiture peut prendre le contrôle de la vitesse ET de la direction. Exemple : le park assist, certains régulateurs de vitesse adaptatifs  de nouvelle génération, les systèmes d’évitement des collisions…
- niveau 3 : le conducteur délègue totalement la conduite (freinage, évitement, arrêt et redémarrage) dans des situations pré-définies (fonction “embouteillage” du XC90 Volvo, détection nocturne des piétons sur le DS7 Crossback ou l’Audi A8…)
- niveau 4 : dans une situation pré-définie la voiture est capable de se déplacer sans son propriétaire (stationnement autonome sans conducteur chez BMW)
- niveau 5 : voiture totalement autonome.




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