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Chez Sanofi, “les technologies de demain sont déjà dans nos usines ”

Interview de Philippe Luscan Vice-président exécutif Affaires Industrielles de Sanofi


Sanofi est l’un des grands mécènes de « l’Usine Extraordinaire » au Grand Palais. Une manifestation qui balaie les idées reçues, en montrant au grand public la réalité de l’usine d’aujourd’hui. Philippe Luscan, Vice Président Exécutif Affaires Industrielles mondiales chez Sanofi, nous explique cet engagement. 

Quand on pense à l’industrie pharmaceutique, c’est l’image d’Epinal du laboratoire qui vient d’abord… Quelles sont les raisons de votre engagement dans l’Usine Extraordinaire ?

Sanofi est en réalité un acteur majeur du paysage industriel français. Nous sommes présents sur 22 sites industriels, dans 10 des 13 régions françaises, nous employons plus de 13.000 collaborateurs dans l’hexagone, nous sommes le 5ème exportateur français tous secteurs confondus, avec 80% de notre production sur le territoire destinée à l’export… Il y a chez Sanofi un réel enthousiasme, une envie de partager notre passion du monde industriel. Je suis dans le groupe depuis 22 ans, toujours dans l’industrie, et c’est mon credo d’ouvrir nos usines, de promouvoir nos métiers.

Concrètement, qu’allez-vous présenter au Grand Palais ?

Sanofi sera présent dans chacun des quatre univers de l’exposition : Inventer, Fabriquer, Connecter, Partager. Nous allons présenter une dizaine d’expériences digitales, des projets testés dans 4 ou 5 usines « pilotes » du groupe dans le monde, qui seront généralisés lorsqu’ils ont démontré leur pertinence. Nous montrerons aussi de nouvelles spécialités thérapeutiques. Sanofi est le 1er investisseur privé en R&D toutes industries confondues en France, près de la moitié de notre production est issue des biotechnologies, par opposition à la chimie classique. 

Alors, à quoi ressemblera cette fameuse usine du futur ?

Certaines technologies « de demain » sont déjà exploitées dans nos usines. Des « cobots » (robots collaboratifs, NDLR) travaillent aux côtés de salariés, l’impression 3D, l’intelligence artificielle, le Big Data ou la réalité virtuelle sont utilisés dans différents contextes. Mais nous avons aussi des projets plus ambitieux, comme l’usine sans papier, totalement numérisée. Ou encore « Plan Control Tower », un système en place dans 4 usines dans le monde qui me permet depuis Gentilly de tout savoir en temps réel grâce à des capteurs : cadence de production, approvisionnement, stocks, performances, consommation électrique… Le tout consolidé et analysé grâce à l’intelligence artificielle.

Enfin, demain, chaque usine aura son « jumeau numérique », sur lequel des simulations pourront être réalisées, des processus de fabrication envisagés et testés, ou sur lesquels des collaborateurs pourront être formés, avant même la construction de l’usine. 

Toutes ces nouvelles technologies avant-gardistes et le Grand Palais comme forme de consécration... Est-ce que la perception de l’usine est en train de changer ?

On ne parle dans les médias que de l’usine problème. Mais c’est un lieu vivant qui évolue en permanence, et il y en a plein qui se prépare pour le futur. Tous les six ans, je dois changer la production d’un tiers de mes usines, soit une par an en moyenne pour l’adapter à l’évolution des besoins de productions, aux nouvelles gammes. Demain, nos usines devront être encore plus réactives, agiles, flexibles. Et elles le seront grâce aux technologies numériques. Enfin, l’usine de demain sera aussi plus conviviale, et offrira plus de bien-être au travail. Cela commence par une plus grande ergonomie. Déjà, les tablettes numériques tactiles remplacent peu à peu les consoles des gros systèmes de production, offrent une interface plus intuitive.

Ces nouvelles technologies digitales qui envahissent l’usine ne vont–elles pas exiger de nouveaux profils ? 

Bien sûr, chacun devra évoluer pour accompagner la digitalisation de l’usine. Nous aurons besoin de plus de profils d’analystes de données, de spécialiste des biotechnologies, mais cela ne veut pas dire la disparition des chaînes de montage. Personnellement, j’ai toute confiance dans la capacité d’adaptation des Français. Quand on voit la vitesse à laquelle ils ont adopté les technologies numériques chez eux pour leurs loisirs, pour piloter leurs équipements domestiques, communiquer. Nous vivons une période incroyable, inédite. Ce n’est pas le management qui doit embarquer les collaborateurs, au contraire, ce sont eux qui nous mettent la pression pour changer !

Dans toute la communication autour de l’évènement, le nom de Sanofi est toujours suivi de la mention « et ses partenaires ». Pourquoi cet accent mis sur vos partenaires ?

Nous montrons l’usine d’aujourd’hui, mais aussi comment nous menons notre transformation numérique pour préparer « l’Usine 4.0 ».
Cette transformation est essentielle car les technologies numériques sont indispensables dans le monde de la santé, à tous les niveaux : au cœur de la recherche, pour mettre au point de nouvelles solutions thérapeutiques ou pour tirer le meilleur parti des essais cliniques, dans l’industrie pour améliorer et fiabiliser la production…

Mais pour concevoir et déployer l’usine numérique du futur, un industriel doit s’entourer de tout un écosystème. C’est pourquoi nous revendiquons d’embarquer nos partenaires dans l’aventure. 

C’est une façon de souligner que l’usine du futur s’appuiera sur un écosystème complet, que nous sommes en train de constituer et d’enrichir en nous rapprochant de startups dans des domaines tels que le Big Data, l’intelligence artificielle, les technologies prédictives…

 

L’Usine Extraordinaire : l’usine de demain au cœur de Paris

Pendant 4 jours, le Grand Palais va se transformer en usine grandeur nature, une chaîne de production s’installer dans la grande nef… L’objectif de cette manifestation hors norme, appelée « l’Usine extraordinaire » : faire changer d’idée sur l’usine, montrer qu’elle est aujourd’hui un lieu de production moderne, inspirant, connecté, tourné vers l’avenir. Ouverte à tous, ciblant particulièrement les scolaires à qui deux jours sont réservés, l’Usine Extraordinaire adopte un format inédit. Entre expériences immersives et rencontres avec les techniciens et ingénieurs, technologies d’aujourd’hui et de demain, ateliers et conférences, l’évènement sera totalement gratuit. Véritable opération séduction, qui veut susciter des vocations et redorer l’image de l’usine, l’Usine du Futur a su fédérer, autour de 5 acteurs clés du monde industriel français, une centaine d’entreprises. 

l’Usine Extraordinaire du 22 au 25 novembre au Grand Palais.  

 

©Photo : Sanofi




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