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Les biocarburants représenteront 10% de la consommation énergétique du Transport à horizon 2020


« Obligation » répond Emmanuel Audoin chef de projet Biocarburant chez Bureau Veritas. Il nous explique pourquoi nous allons mettre encore plus de biocarburant dans nos voitures. Parce que oui, figurez-vous, on roule déjà bio !

Qu’est-ce qu’un biocarburant ?
Emmanuel Audoin : Le biocarburant ou agrocarburant s’oppose aux carburants d’origine fossile, non renouvelables, de plus en plus chers et émettant une quantité de carbone importante. Produit à partir de biomasse il est renouvelable et durable.

Qu’est-ce que la biomasse ?
E.A. : Ce sont d’abord des matières premières agricoles comme le colza, les céréales, les betteraves, la canne à sucre, le soja, l’huile de palme…. La plupart des matières agricoles peuvent être valorisées en biocarburant. Actuellement, il existe deux filières : le biodiesel (biocarburant incorporé dans du gasoil) et le bioéthanol (biocarburant incorporé dans de l’essence sans plomb). Les automobilistes qui se ravitaillent en diesel ou en essence sans plomb utilisent déjà du biocarburant à petite dose (de 5 à 8%). Certains moteurs fonctionnent avec l’E85 composé à 85% de bioéthanol.

Où en est ce marché du biocarburant ?
E.A. : L’Union européenne, par la directive Energie Renouvelable de 2009, a demandé deux choses. D’une part, de réduire notre dépendance au pétrole tout en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre ; d’autre part, de porter, dès 2020 dans tous les Etats membres, à 10% la part des sources renouvelables et durables dans la consommation totale d’énergie du Transport. Elle assortit ces obligations de différents critères de durabilité, les acteurs de la chaîne du biocarburant devant notamment justifier leur moindre émissivité en gaz à effet de serre.

Comment cela ?
E.A. : La directive fixe un calendrier ambitieux de réduction des GES (Gaz à effet de serre) en se basant sur les émissions des carburants classiques : 35% de réduction en 2013, 50% en 2017, 60% en 2018.
Les acteurs de la filière biocarburant – l’agriculteur qui cultive la biomasse, la coopérative ou le négociant qui l’achète, l’industriel qui les valorise, les transporteurs qui les acheminent – vont devoir prouver que leurs émissions de GES sont inférieures à ceux de la chaîne du carburant classique.

Mesurer ses émissions de GES est-elle la seule condition ?
E.A. : Non, la directive veut également éviter le changement d’affectation des sols et une production tous azimuts des matières. Elle demande un contrôle de la biomasse pour vérifier la provenance des matières agricoles et s’assurer qu’elles ne sont pas issues de terres renfermant un important stock de carbone (forêts, prairies naturelles, zones humides), de tourbières ou de zones protégées présentant un intérêt pour la biodiversité. Ce contrôle s’applique au sein de l’Union mais également à toute biomasse importée. Avec en ligne de mire l’Amazonie et l’Indonésie où la déforestation est une menace écologique.

Mesure des émissions, contrôle de la biomasse, et, en final, certification ?
E.A. : Chaque maillon de la chaîne de biocarburant doit, en effet, être certifié de façon à prouver qu’il respecte les exigences de la directive et notamment qu’un bilan massique est réalisé. Il reçoit en retour un certificat de durabilité.

Qu’est-ce que le bilan massique ?
E.A. : C’est une comptabilité « matière » certifiée par un organisme indépendant attestant que l’opérateur –, coopérative collectant la biomasse, transformateur, négociant – n’a pas vendu plus de matières durables qu’il n’en a achetées ou transformées.

Pourquoi cette comptabilité matière ?
E.A. : Les biocarburants bénéficiant en France d’avantages fiscaux (moins de taxes à la pompe), l’Union Européenne et l’Etat ont voulu éviter une « génération spontanée » de matières durables et ont souhaité que l’aide publique soit conditionnée à une certification. La directive européenne a repris cette idée qui sera bientôt transposée en droit français. Le certificat de durabilité sera alors indispensable pour prétendre à la défiscalisation. Au niveau de l’Etat, ces certificats serviront pour comptabiliser les quantités de carburant produites et le montant des GES émis, et vérifier ainsi que l’atteinte des objectifs de réduction fixés par la directive est en bonne voie.

Comment s’effectue cette certification ?
E.A. : Les opérateurs peuvent se conformer au schéma volontaire 2BSvs (2B pour biomass et biofuel, S pour sustainability (durable), vs pour voluntary scheme). Il s’agit d’un référentiel mis au point par le consortium 2BS qui regroupe les acteurs des filières françaises de production de biocarburant (agricoles et industrielles) avec le concours de Bureau Veritas. Le schéma volontaire 2BSvs permet aux acteurs, via une vérification indépendante, de démontrer qu’ils respectent les critères de durabilité de la directive en vue d’une certification de la biomasse utilisée comme matière première, d’une part, et des biocarburants produits, d’autre part..

Ce référentiel 2BSvs est-il opérationnel ?
E.A. : Il a été déposé auprès de la Commission européenne pour approbation. Bureau Veritas forme les organismes certificateurs en France, en Europe mais aussi dans le monde puisque les importateurs de matières et les exportateurs de biocarburants sont concernés. En parallèle du schéma 2BSvs, l’Allemagne, grand utilisateur de biocarburant et grand importateur de matières premières et de biocarburant français, a également développé deux référentiels (Redcert et ISCC) sur lesquels les producteurs français doivent également être certifiés pour commercer avec ce pays. Cette situation doit évoluer avec la reconnaissance par la Commission Européenne des schémas volontaires comme 2BSvs.

Comment calculer les émissions de GES ?
E.A. : La directive offre deux possibilités pour le calcul des GES, soit l’utilisation de valeurs par défaut intégrées dans la directive, soit le calcul par les opérateurs.

Que représente le marché des biocarburants en France ?
E.A. : Un marché pyramidal : quelques dizaines d’industriels, des centaines de collecteurs de biomasse, pour des dizaines de milliers d’agriculteurs. Ce marché émergent dans notre pays a besoin d’être accompagné. C’est un accélérateur pour les démarches de développement durable.

*ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie

Bureau Veritas est présent dans le monde agricole et dans l’industrie agroalimentaire :

  • Bureau Veritas accompagne la mise en conformité à la directive 2009/28 des acteurs de la filière biocarburant – de la production à la mise sur le marché.
  • Bureau Veritas Certification, filiale indépendante de Bureau Veritas, est accrédité 2BSvs et pour d’autres schémas volontaires sur le biocarburant tels que ISCC et REDcert. Elle accompagne tous les maillons des filières biocarburants en France. Pour plus d’informations, cliquez ici.
  • Bureau Veritas Certification et Qualité-France SAS interviennent déjà régulièrement sur l’amont agricole au niveau des coopératives céréalières et des entreprises de négoce agricole (charte GSA-GTP, charte Qualimat-Transport®, S314 conseil agricole, Arvalis, Blé CRC, Agriculture Biologique
  • Bureau Veritas Certification est un des leaders des certifications basées sur la responsabilité sociale et la vérification des émissions de gaz à effet de serre. Dans les filières forêt-bois et agroalimentaire, c’est un organisme de certification reconnu pour ses audits menés d’après des normes intégrant une ou plusieurs dimensions du développement durable.
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