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ISO 45001 : vers une amélioration de la santé et sécurité au travail

Une nouvelle norme de santé et sécurité au travail : quelles implications pour les entreprises et pour leurs collaborateurs ?


Le 12 mars dernier a été publiée la norme ISO 45001, la première norme internationale traitant du système de management de la santé et de la sécurité au travail. Quels avantages y a-t-il à l’adopter, qu’est-ce que cela va changer pour les entreprises, est-ce que les collaborateurs s’en trouveront mieux traités ? Nous faisons le tour de la question.

Une norme qui va faciliter la vie des entreprises

La norme largement utilisée jusqu'ici sur les sujets de santé et sécurité au travail est l’OHSAS 18001, qui recommandait des processus spécifiques à mettre en place dans une optique curative, tandis que le nouveau référentiel fournit surtout un cadre favorable à une prévention efficace des risques. L’ISO 45001 laisse de la flexibilité aux organisations afin qu’elles construisent un système efficace, adapté à leur contexte ainsi qu’aux attentes de toutes les parties prenantes. « Il y a de la place pour l'adaptation, l'amélioration, la fluidité », estime Bénédicte Pasquette, Responsable Responsabilité sociétale chez Bureau Veritas Certification, « ce qui en fait un texte aidant et non bloquant ». Une période de transition de 3 ans est prévue entre l’OHSAS 18001 et l'ISO 45001, au terme de laquelle la première devra disparaître.

Par ailleurs, cette nouvelle norme est beaucoup plus compatible avec les autres normes de système de management, notamment ISO 9001 (gestion de la qualité) ou 14001 (gestion de l’impact environnemental), car les trois textes s’appuient sur un texte de base identique et des définitions communes.

Les « travailleurs », concept central de l’ISO 45001

Le terme « travailleur » est essentiel dans la nouvelle norme, il est repris tout au long du texte. Cette formulation élargit le champ d’application, puisque « le travailleur est une personne qui travaille ou qui exerce une activité en relation avec le travail, sous le contrôle de l'organisme », rappelle Bénédicte Pasquette. Cela inclut donc les salariés cadres et non-cadres, les dirigeants, mais aussi les travailleurs intérimaires, les salariés de prestataires externes, les consultants…

Les travailleurs ne constituent pas seulement le champ d’application, ils participent également à la mise en œuvre de la norme

Bénédicte Pasquette, Responsable Responsabilité sociétale chez Bureau Veritas Certification

Et ce n’est pas anodin car dans la norme ISO 45001, les travailleurs ne constituent pas seulement le champ d’application, ils participent également à la mise en œuvre de la norme ! Ils doivent être consultés, et être impliqués dans la prise de décision. D’ailleurs, la norme définit précisément les sujets qui sont de l'ordre de la participation ou de la consultation des travailleurs.

Vers davantage de mesures concrètes en faveur des collaborateurs

Aujourd’hui un sujet à la mode est la qualité de vie au travail, avec le risque que les entreprises se limitent à des actions « gadgets », faciles en termes de communication, au détriment de sujets plus sérieux de santé et sécurité. Est-ce que l’ISO 45001 va les amener à prendre des mesures plus fondamentales que l’installation d’un babyfoot et de plantes en open space ? Il est trop tôt pour le dire, mais il est clair que d’après ce texte, la direction doit faire preuve de son engagement et de son leadership sur le sujet. Non seulement les travailleurs seront impliqués dans les chantiers mis en œuvre, mais surtout « c'est une norme de mesure et d'amélioration continue, donc une organisation qui la met en place doit logiquement progresser sur les questions de santé et sécurité au travail », estime Bénédicte Pasquette.




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