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HQE, BREEAM et LEED : trois certifications au banc d’essai


L’analyse de Diego Harari, référent national AMO Green Labels de Bureau Veritas.

Quelles sont les différentes certifications de construction durable existantes sur le marché ?
Diego Harari :
Il existe principalement deux certifications européennes et une nord-américaine. En France, la certification HQE (Haute Qualité Environnementale) a été lancée en 2005. Au Royaume-Uni, BREEAM (BRE Environmental Assessment Method), méthode d’évaluation de la performance environnementale des bâtiments a été développée par le BRE (Building Research Establishment) en 1990. Enfin, aux Etats-Unis, l’US Green Building Council (USGBC) a créé LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) en 1998.

Quelle est la visibilité actuelle de ces certifications ?
D. H. :
En France, HQE domine avec 90% des 800 opérations de bâtiments tertiaires certifiées, tandis qu’au niveau mondial, le nombre de certifications HQE est pour le moment dérisoire. Il faut dire que le référentiel HQE international existe seulement depuis fin 2011. De son côté, LEED fait preuve d’une véritable stratégie d’expansion. En Europe (hors Grande-Bretagne) on compte déjà deux fois plus d’opérations en cours ayant choisi la certification LEED, que de projets BREEAM1.

Sur quels critères peut-on se baser pour choisir entre les certifications HQE, BREEAM et LEED ?
D. H. :
Si l’on s’intéresse à l’applicabilité de ces certifications dans le contexte français, la démarche HQE est la plus adaptée. BREEAM dispose d’équivalences, car il a été transposé pour s’adapter au contexte réglementaire et normatif français. Quant à la certification LEED, elle est en cours de transposition (voir notre récent article: “La certification LEED se développe en Europe“). En matière de technique et d’exigences, les certifications ont toutes trois développé une approche globale (voir tableau). Cependant, LEED se réfère à des normes ou référentiels peu connus en Europe, tels que la norme ASHRAE 90.12 utilisée pour évaluer la performance énergétique des bâtiments. Il existe également une différence en matière de flexibilité. En effet, la démarche HQE doit être lancée très en amont dans le projet, tandis que les certifications anglo-saxonnes peuvent être intégrées en cours d’opération. Autre exemple : certaines exigences sont imposées aux preneurs dans le cadre de HQE. Avec BREEAM, elles peuvent être partiellement remplacées par un « green building guide » non contractuel, facilitant ainsi la commercialisation des projets.

Quels sont les points forts de chacune de ces certifications ?
D. H. :
HQE est la seule qui impose la mise en place d’un système de management environnemental (de type ISO 14001). De plus, HQE accorde une place plus importante au bien-être et au confort intérieur, ainsi qu’à l’entretien et à la maintenance. De son côté, BREEAM insiste sur les thématiques de la biodiversité et de l’écomobilité. Par ailleurs, il accorde des bonus en cas de performances exceptionnelles. On retrouve un système similaire dans LEED qui propose, en outre, des crédits régionaux. Autre spécificité de LEED : il impose le commissioning. Dans ce cadre, une tierce partie supervise la réalisation des tests à la fin de la construction du bâtiment afin de vérifier l’atteinte des performances visées. Cela représente une véritable plus-value en termes de performances réelles.

Quel est le coût de ces différentes certifications ?
D. H. :
Le prix de la démarche comprend d’abord les frais de certification. Ceux de HQE sont plus élevés. Les frais d’AMO (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage), quant à eux, sont sensiblement les mêmes pour les trois certifications. Il existe une différence en matière de coût des études techniques spécifiques. Ainsi, le commissioning obligatoire avec LEED représente des frais supplémentaires importants.

Quelles questions doit se poser un maître d’ouvrage avant de choisir parmi ces certifications ?
D. H. :
La communication sur la certification permet de faciliter la mise en vente ou la location d’un bien immobilier. Le maître d’ouvrage doit donc se demander ce qui séduira son futur client. Les trois certifications se positionnent en effet différemment sur un marché qui se segmente de plus en plus. La certification HQE, très exigeante et porteuse de la plus forte valeur ajoutée, vise ainsi clairement les opérations d’un marché de haut standing telles que les sièges sociaux des entreprises. De son côté, BREEAM est moins onéreux et plus facile à obtenir. Quant à LEED, il fait preuve de la stratégie d’expansion la plus dynamique dans le monde. Il n’est pas impossible que ce référentiel domine le marché international à long terme. Cette certification est donc rassurante pour certains investisseurs internationaux, car elle assure la pérennité de la reconnaissance de leur politique de certification. Pour répondre aux attentes de tous les prospects, certains n’hésitent pas à miser sur une double, voire une triple certification. C’est le cas notamment des immeubles de grande hauteur situés dans le quartier d’affaires de la Défense : Carpe Diem (HQE et LEED) et Generali (HQE, BREEAM et LEED).

Quelle est l’expertise de Bureau Veritas en matière de certification de construction durable ?
D. H. :
Nous sommes notamment membres de France GBC, Effinergie, de FEED (association pour la transposition de LEED) ou encore de la Green Rating Alliance. Nous sommes partie prenante en HQE et participons aujourd’hui à divers groupes de travail pour son développement. Notre réseau d’experts mondial nous permet également d’être à la pointe des évolutions des référentiels étrangers. Bureau Veritas a notamment été co-organisateur des premiers évènements LEED et BREEAM qui se sont tenus en France.

A quel niveau intervient Bureau Veritas dans le cadre des projets de certification ?
D. H. :
Nous réalisons de l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) pour toutes les certifications sur de nombreuses opérations novatrices et d’envergure. Nous avons ainsi pris part à plusieurs centaines de projets HQE, BREEAM et LEED en France et à travers le monde. Nous pouvons également réaliser la plupart des études spécifiques (énergie, Analyse de Cycle de Vie…) ou mesures liées à la qualité environnementale (acoustique, qualité de l’air intérieur…). Par ailleurs, Bureau Veritas est également compétent pour effectuer des missions de commissioning dans le cadre de LEED.

1 : Deloitte, Répartitions des certifications Leed dans le monde, analyse réalisée à partir des données récoltées par la RICS (Royal Institution of Chartered Surveyors), organisation internationale, regroupant les professionnels dans les différents métiers de l’immobilier.

2 : ASHRAE : norme établie par l’American Society of Heating, Refrigerating, and Air Conditioning Engineers (l’association américaine des ingénieurs en chauffage, froid et climatisation)

Exigences et critères de chaque certification
( cliquer sur l’image pour agrandir)

 

 

 

 

 

Quelles certifications pour l’exploitation de bâtiments ?

  • Les trois certifications HQE, BREEAM et LEED possèdent un volet exploitation. HQE Exploitation comprend notamment la mise en place d’un système de management environnemental (de type ISO 14001). Après un pré-diagnostic, un audit d’admission valide l’entrée dans le système pour 5 ans. Durant cette période, un audit annuel est obligatoire. L’adhésion est renouvelable tous les 5 ans. Beaucoup plus simple, BREEAM In-Use, en cours de transposition au contexte français, fonctionne à partir d’un questionnaire en ligne d’autoévaluation (environ 200 questions). Ce système fournit une note et un niveau de certification. Un auditeur doit ensuite valider cette autoévaluation. De son côté, LEED EBOM (LEED for Existing Buildings : Operations and Maintenance) qui se base sur les normes américaines, n’a pas encore été retranscrit pour la France.

 

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