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FactoryLab : quand les entreprises s’allient pour innover dans l’industrie 4.0

Un cobot, une montre connectée, un référentiel d'évaluation des robots… : FactoryLab invente les solutions de terrain de l'industrie 4.0


Industrie 4.0 : En créant FactoryLab, en partenariat notamment avec Naval Group, PSA et Safran,  le Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives a imaginé un nouveau mode d’innovation : collaborative et pragmatique. Cette plateforme d’innovation d’un nouveau genre mise sur des projets courts, apportant en quelques mois des solutions rapidement industrialisables, en réponse à des problèmes concrets partagés par plusieurs industriels. Bureau Veritas, qui a rejoint l’initiative en 2017 pour apporter une vision différente, transverse et axée sur la sécurité et la certification, vous en raconte les coulisses.

Un « hôtel à projets » où naissent des solutions concrètes

Un cobot manipulant des charges lourdes avec une précision submillimétrique. Une montre connectée envoyant des messages vibrosensoriels à son utilisateur, opérateur d’une chaine de production automobile, pour lui indiquer des actions spécifiques à réaliser pour différencier un véhicule. Un référentiel d’évaluation des robots, aidant les industriels à analyser les offres des fournisseurs, accompagné d’un guide d’aide à la décision et un banc test… Ces différentes solutions sont nées au sein de FactoryLab, une plateforme d’innovation créée par le CEA.

POUR APPROFONDIR

 

« FactoryLab est né d’un double constat. D’une part l’innovation est devenue extrêmement rapide et les entreprises doivent s’organiser pour ne pas se laisser distancer. D’autre part les industriels évoluant dans des filières différentes partagent des enjeux communs. Alors a émergée l’idée de mutualiser les ressources, pour optimiser les dépenses en R&D, avec un concept nouveau : un « hôtel à projets » dont l’ambition est de développer des solutions opérationnelles répondant à des besoins réels, et de défendre la compétitivité de notre industrie » explique Frédéric Amblard, Directeur de FactoryLab.

Chercher des solutions aux problématiques partagées

FactoryLab se concentre sur trois thématiques de l’industrie 4.0 : l’usine digitale flexible, l’assistance physique et cognitive aux opérateurs et l’automatisation des procédés de fabrication et de contrôle. Pour développer dans ces différents domaines des solutions innovantes et rapidement industrialisables, la plateforme s’appuie sur différents types de partenaires. D’une part, de grands groupes industriels - utilisateurs finaux- expriment des besoins précis, illustrés par des cas d’usage. Ils apportent également un soutien financier et des moyens humains et matériels – FactoryLab n’a ni locaux ni équipements. D’autre part des techno-providers fournissent des briques technologiques matures, matérielles ou logicielles. Enfin les laboratoires de recherche partenaires, du CEA, du CETIM et de l’ENSAM, apportent les technologies innovantes.

Pour être lancé, un projet doit être porté par 3 industriels partenaires, partageant la problématique concernée. Les PME impliquées en tant que techno-providers bénéficient ainsi non seulement du soutien financier des grands groupes, mais aussi de l’assurance de développer des solutions bénéficiant d’un réel marché, dans différentes filières. Enfin, les projets sont volontairement courts : ils doivent aboutir aux livrables attendus en 18 mois

FactoryLab nous donne accès aux problématiques concrètes, techniques et humaines, rencontrées par les industriels sur le terrain : c’est une vision nouvelle des enjeux de l’industrie 4.0

 Laurent Midrier, Vice-président stratégie et innovation, Bureau Veritas

Evaluer une technologie, et la façon dont elle est utilisée

FactoryLab, inauguré en septembre 2016, a été créé par le CEA avec cinq membres fondateurs – Actemium, Dassault Systèmes, PSA, Safran et Naval Group (à l’époque DCNS) – ainsi que des PME issues de leurs écosystèmes. Rapidement, Vinci Construction rejoint l’aventure. Au printemps 2017, Bureau Veritas devient partenaire à son tour, apportant à la fois une vision transverse et différente des problématiques industrielles, et la dimension certification. En tant qu’utilisateur final, Bureau Veritas bénéficiera du développement d’outils utilisables à la fois dans un contexte industriel –  en matière de maintenance par exemple – et pour l’inspection des équipements…

Mais en s’impliquant dans le développement d’un outil de l’industrie 4.0 dès les premières phases de conception, Bureau Veritas apportera aussi son expertise en matière de sécurité, de qualité et de certification, et permettra à l’équipe projet d’envisager très en amont la sécurité de son déploiement sur le terrain – voire sa certification.

« Evaluer une nouvelle technologie ou un nouvel outil, c’est aussi envisager son intégration dans l’entreprise. C’est notre savoir-faire : pour apprécier une technologie, nous nous interrogeons aussi sur la façon elle sera utilisée, afin de détecter les éventuels risques nouveaux pour le salarié ou l’entreprise » rappelle Laurent Midrier, vice-président stratégie et innovation de Bureau Veritas.

Résoudre un problème peut en soulever un nouveau

Certains projets peuvent en effet faire émerger des problématiques sous-jacentes. Par exemple ? La montre connectée utilisée sur la chaine de production, qui entre dans la sphère de l’IoT (Internet of Things), pose la question de la cybersécurité dans l’entreprise. Un nouveau projet, complémentaire, a donc été lancé, pour définir les exigences de sécurité à respecter lors de l’intégration d’objets connectés dans le Système d’Information de l’entreprise.

Et si les projets visent généralement à améliorer la productivité, la qualité ou la sécurité, les aspects humains de l’industrie 4.0 ne sont pas négligés. Par exemple ? Convaincu que l’appropriation des outils innovants par les opérateurs passe par la sensibilisation du middle management, FactoryLab s’implique aussi dans la formation. Ainsi l’école des Arts et Métiers, son partenaire académique, a développé 5 modules de formation destinés aux opérationnels des sites industriels. Ces modules – consacrés à l’interopérabilité et la continuité numérique, à la réalité virtuelle et la réalité augmentée, les robots et cobots, à la conduite du changement, et enfin au contrôle non destructif – seront dispensés par l’école à partir de juin 2018.

Portant des valeurs communes de mutualisation, pragmatisme, agilité et innovation, FactoryLab est un dispositif de haut niveau technique, mais aussi une belle aventure humaine.

Frédéric Amblard, Directeur FactoryLab, CEA

Plus qu’une plateforme d’innovation, une communauté d’échange

Avec ses projets courts et sa volonté d’élaborer des solutions rapidement industrialisables, FactoryLab se différencie clairement des autres dispositifs d’innovation. « En mutualisant nos forces, nous nous enrichissons individuellement et collectivement. Mais nous avons aussi initié un nouveau mode de collaboration, et construit une communauté dont le succès tient à la bienveillance des échanges, possible car les groupes partenaires ne sont pas concurrents. Pour conserver cette bienveillance, ainsi que notre agilité et notre pragmatisme, Factory Lab restera à taille humaine, avec un nombre limité de partenaires » explique Frédéric Amblard.

Ultime atout de FactoryLab : l’engagement fort des entreprises partenaires, qui délèguent auprès de la plateforme des interlocuteurs opérationnels : ils sont directeurs industriels, ou responsables de l’industrie 4.0… « Au sein du Bureau Exécutif de FactoryLab, qui valide les projets et définit les livrables, les échanges sont de très haut niveau. Ils permettent aux différents partenaires de faire émerger des solutions innovantes, mais aussi de progresser dans la compréhension des enjeux de l’industrie 4.0 » conclut Laurent Midrier.




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