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Eaux de baignade : ces tests garantissent une qualité maximale


En France, les eaux de baignades sont contrôlées par le Ministère de la Santé, garantissant un niveau minimal de sécurité. Mais des mairies vont plus loin en faisant contrôler encore plus régulièrement leurs plages. Explications avec le MagBV.

C’est tous les ans, à la même époque, la même question : la plage ou le lac où je compte me rendre cet été, sera-t-il propre ? Sera-t-il sécurisé ? Les enfants pourront-ils y barboter en toute confiance, sans que j’aie la crainte d’effets non anticipés ?

Ces interrogations sont légitimes, et en France nous avons la chance de pouvoir compter sur une administration qui veille. Plus de 3350 sites sont ainsi répertoriés comme « eau de baignade » dans le pays, et ils se trouvent donc soumis à un contrôle sanitaire régulier grâce à des prélèvements effectués, ensuite envoyés en laboratoire. C’est le Ministère de la Santé, via les Agences régionales de santé (ARS), qui s’en charge : ces sites sont forcément, c’est la loi, contrôlés au minimum une fois par mois pendant la saison touristique.

Des tests pour aller encore plus loin

Certaines mairies décident d’aller encore plus loin et s’engagent dans un processus de labellisation plus poussé en faisant contrôler encore plus régulièrement leurs eaux de baignade. Et on ne parle pas du Pavillon Bleu, peut-être le plus connu, décerné en 2018 à 399 plages et 107 ports de plaisance… Nous pouvons évoquer aussi, la « Démarche qualité eaux de baignade », née dans le giron du ministère de l’Ecologie en 2009. Cette certification a été attribuée en 2017 à près de 100 communes, représentant 325 sites de baignade qui, tous, peuvent donc se prévaloir du logo représentant une loupe et un nageur sur fond bleu et blanc.

Celui-ci est le gage d’une excellence. « Son grand avantage tient au côté dynamique de la démarche, qui ne se contente surtout pas d’un seul contrôle à un instant T mais, au contraire, s’évertue à mettre en place tout un processus, continu et évolutif, pour que la qualité des eaux de baignade soit toujours au rendez-vous », explique Violaine Damgé, chef de projet et responsable d’audit chez Bureau Veritas Certification, l’un des organismes certificateurs. Car, bien sûr, les communes arborant cette certification n’en ont le droit que si elles sont auditées, par des organismes tiers, indépendants et impartiaux.

Surveillance, transparence et traçabilité

Les trois maîtres mots de cette démarche ont pour nom surveillance, transparence et traçabilité. « C’est toute une chaîne de décision qui est auditée, poursuit Violaine Damgé. Il s’agit de passer en revue l’organisation mise en place par les communes, site par site, pour voir si elle correspond aux attentes. Il faut savoir comment réagir, avec le bon timing et prendre les bonnes décisions, si jamais une pollution arrive. »

Les mesures les plus communes ont trait aux orages, soit qu’ils agitent un peu trop les fonds marins et remuent des choses qui ne devraient pas l’être, soit qu’ils entraînent le débordement des canalisations ou des réseaux d’assainissement dans les zones de baignades. 

L’homme, aussi, est une source de pollution. Plus les sites sont fréquentés, plus les risques d’y trouver la bactérie Escherichia coli sont importants.

Et si jamais c’est le cas, bien sûr, ce n’est pas dix jours plus tard qu’il convient d’agir en fermant la plage. La réactivité est la clé. « C’est là tout l’enjeu, réagit Thierry Grezes, responsable du service des plages à Sanary-sur-Mer (Var). Cette certification a pour mérite de tirer vers le haut nos actions en nous poussant à l’excellence en permanence. Grâce à elle, c’est tout un cycle vertueux qui se met en place, impliquant toute la chaîne de décision : chacun, à son poste, est préparé pour savoir quoi faire, quand et comment. Parmi les éléments qui sont audités figure, en effet, notre capacité à agir vite et bien. »

Une réponse en moins de 4h

Ainsi, après un orage par exemple, les agents de la ville de Sanary-sur-Mer (une cinquantaine de personnes en tout, en haute saison, quand la ville triple ou quadruple d’habitants) sont entraînés et formés pour passer en gestion de crise. Le principe ? Vite organiser des prélèvements dans les eaux de baignade pour vérifier qu’il n’y a pas de problème. « Une heure pour faire les prélèvements, 4h pour en obtenir les résultats auprès du laboratoire : notre réactivité est maximale pour le confort et la sécurité de tous », se réjouit Daniel Alster, élu délégué aux plages à Sanary-sur-Mer.

Cela demande, de la part de la commune varoise, un certain courage. Elle s’astreint ainsi à des prélèvements hebdomadaires en haute saison, soit quatre fois plus que les normes en vigueur. Et lors des deux derniers étés, par exemple, ces contrôles préventifs ont conduit à fermer une ou plusieurs de ses cinq plages certifiées, quand les contrôles officiels de l’ARS, mensuels, n’avaient quant à eux rien révélé d’anormal. « La transparence doit être une vertu, avance Thierry Grezes. Le pire de tout serait de considérer que puisque l’on se trouve sur la Côte d’Azur les touristes viendront de toute façon. »

Au contraire, avec cette certification « Démarche qualité eaux de baignade », les touristes savent exactement à quoi s’en tenir. Les résultats des analyses sont affichés sur les plages, visibles de tous, et le logo est mis en avant sur les supports de communication de la commune. Laquelle, en plus, pour être bien certaine de veiller au confort de ses touristes, fait sillonner un bateau nettoyeur le long de son littoral durant la période estivale, pour ramasser les déchets flottants, avant qu’ils n’arrivent sur les plages, et repérer encore plus vite les éventuelles pollutions. Difficile de dire, concrètement, quels sont les conséquences sur le tourisme, pour la ville de Sanary-sur-Mer. Mais une piste de réponse est apportée par la fréquentation, croissante année après année.

 

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