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Comment Naval Group protège ses salariés sur ses chantiers navals

Ces formations sont essentielles pour obtenir les habilitations, prévenir les accidents et même être plus compétitifs


La formation aux risques professionnels devient-elle un véritable levier de compétitivité ? Naval Group et Bureau Veritas collaborent depuis un an sur la formation santé et sécurité au travail, l’occasion pour Patrick Rambaud, Chef de projet Naval University, en charge du domaine SST chez Naval Group, leader français du naval de défense, de nous éclairer sur ces enjeux.

Quels sont les enjeux de sécurité au travail pour Naval Group ?

Nous concevons et nous réalisons la maintenance de sous-marins et de navires de défense. Nos métiers requièrent donc des habilitations très spécifiques, par exemple pour les travaux en hauteur sur des échafaudages le long des coques, le travail sur les pont des navires ou en espace confiné dans les sous-marins… mais aussi des habilitations électricité, chariots-élévateurs ou opérations de levage. Sans ces habilitations, pas de compétences sécurité, et donc risque d’accident

Il faut que les salariés soient bien formés, faute de quoi le temps pour obtenir leur habilitation (et donc être opérationnels sur le chantier) est beaucoup plus long. C’est pourquoi notre initiative « la sécurité par choix, non par chance » vise à développer la culture sécurité en prônant une « vigilance partagée » au sein des équipes, afin de réduire les incidents et les accidents de travail. 

La formation revêt ainsi des enjeux très forts de compétitivité et d’attractivité.

Quelles sont les principales évolutions dans vos formations ?

Les formations sont beaucoup plus concrètes, tournées vers le poste de travail. Une plus grande attention est accordée à l’ergonomie : échauffement avant la prise de poste, bons gestes pour soulever une charge, etc. Mais surtout, la mécanisation des équipements, l’industrialisation de certains savoir-faire et les évolutions du marché nous ont amenés vers plus de polyvalence dans les équipes opérationnelles : c’est ainsi que la même personne pourra dépanner la carte électronique d’un bateau et couper l’électricité le temps de son intervention, là où auparavant il fallait deux collaborateurs… J’aimerais aussi parler des risques psychosociaux : Naval Group a mené ses premières actions en 2012, avec 90 % du personnel formé à identifier et prévenir les RPS. Une cellule de psychologues avait été créée, un numéro vert… Depuis, ce sujet fait l’objet d’un plus grande attention encore, il est désormais géré au niveau des RH groupe, en lien avec les CHSCT locaux et nationaux, la médecine du travail, une assistante sociale et un psychologue dédiés. Nous sommes en évolution permanente ! 

Vous avez mis en place un portail digital de formation performant…

Oui, l’accord-cadre en vigueur depuis le 1er janvier 2017 couvre l’ensemble des formations de santé et sécurité au travail pour nos collaborateurs, en France ou expatriés. Le portail de formation mis en place avec Bureau Veritas permet d’optimiser les aspects administratifs pour en faire de vrais leviers stratégiques : après les sessions, les stagiaires sont évalués en ligne et les attestations de compétence sont automatiquement remontées vers un outil centralisé, d’où le gestionnaire administratif Naval Group peut les récupérer en quelques clics et les joindre à l’avis médical pour délivrer l’habilitation. Nous avons ainsi divisé par deux le délai entre la formation et la notification des habilitations.

Les chiffres de la formation santé et sécurité au travail chez Naval Group

- 13 000 personnes en France, réparties sur 9 sites dont 7 sites de production et 2 administratifs

- Une quinzaine de chantiers ouverts hors de France

- En 2017 : 653 sessions de formations, 5 000 stagiaires formés

- 150 formations différentes au catalogue

- En moyenne 3 jours de formation par an pour les personnels de terrain (70 % des effectifs)

 

Quels sont les retours des collaborateurs ?

Ils sont très bons, puisque notre personnel formé est opérationnel plus rapidement. Finies, les tâches mineures que l’on se voyait confier « en attendant »… Par ailleurs, et c’est moins visible, le temps ainsi gagné, nous le passons avec Bureau Veritas à construire des plans de progrès, à réfléchir au développement des compétences. Cela se répercute en interne sur notre gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC) et d’un point de vue business puisque nous gagnons en agilité et bien sûr en qualité !

 

Crédits photographiques : ©Naval Group




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