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Pourquoi l’eau de Paris est l’une des plus appréciées de France

3 millions de parisiens en boivent. Comment Eau de Paris s’assure que nous pouvons boire l’eau du robinet en toute sécurité…


Paris peut se targuer d’être  la ville où il fait bon… boire de l’eau ! Comment est assurée la qualité de l’eau que nous buvons, depuis ses points de captation jusqu’à nos appartements ? Marguerite-Marie Larroque est Responsable des projets territoriaux de protection et de captage chez Eau de Paris, l’organisme public en charge de la production et la distribution de l’eau à Paris. Elle nous dévoile les dispositifs qui permettent de boire en toute sérénité l’eau du robinet à Paris.

Un engagement dès l’amont, sur les pratiques agricoles

Les procédés de traitement de l’eau sont depuis longtemps maîtrisés. Avec un taux de conformité (sur les contrôles sanitaires effectués notamment par l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France) supérieur à 99%, l’enjeu de qualité de l’eau se situe désormais bien plus en amont, au niveau des activités ayant une incidence sur la qualité de l’eau captée. Une politique de protection de la ressource existe au sein d’Eau de Paris depuis les années 1990, mais celle-ci s’est intensifiée depuis 2004 face au constat de la nécessité de construire des usines de traitement dédiées aux pesticides. L’organisme a fait le choix d’investir sur des actions préventives autant qu’elle le fait sur les actions curatives, afin d’assurer la meilleure protection de l’eau à long terme.

D’où vient l’eau de Paris ?

Depuis la fin du 19ème siècle, l’eau consommée par les Parisiens est prélevée non plus dans la Seine, mais dans un rayon de 100 à 150 kilomètres autour de la capitale. Elle est captée pour moitié dans les eaux de surface (Seine et Marne) et pour moitié dans les eaux souterraines, puis acheminée grâce à des aqueducs. Les eaux brutes qui alimentent Paris proviennent essentiellement de zones rurales, d’où une collaboration très étroite entre Eau de Paris et le secteur agricole. 

Afin d’encourager des pratiques favorables à une meilleure protection de l’eau, « nous privilégions la sensibilisation et la mise en place de partenariats avec les agriculteurs, de manière à agir durablement sur leur activité économique et sur la ressource en eau », explique Marguerite-Marie Larroque. Cette stratégie s’appuie principalement sur trois  volets :

1/ La connaissance de la qualité des eaux brutes : Eau de Paris effectue des analyses plus approfondies et des suivis plus fréquents que ceux recommandés par la réglementation. Ce travail permet d’une part d’identifier d’éventuels nouveaux risques (par exemple, l’usage de nouveaux intrants chimiques) et d’adapter les actions de traitement ou de prévention. Il permet d’autre part de tenir un discours documenté vis-à-vis des acteurs du territoire, en particulier les agriculteurs sur les processus de transferts de l’eau depuis leurs champs jusqu’aux points de captage de l'eau.

2/ L’accompagnement des agriculteurs vers des pratiques durables : Marguerite-Marie Larroque l’affirme, « il existe des leviers agronomiques permettant de concilier une activité agricole durable et une protection de l’eau à long terme ». Des chargés de mission sillonnent les territoires afin de mettre en œuvre des plans d’action concertés avec les exploitants agricoles, cette  action est financée par les redevances assises sur les factures d’eau.

3/ L’aide à la structuration de filières : L’aide à la structuration de nouvelles filières : Eau de Paris a développé une connaissance fine des filières respectueuses de l’environnement telles que la culture du chanvre ou l’agriculture biologique, et met les exploitants intéressés en relation des conseillers technico-économiques de ces différentes filières.

Le voyage de la goutte d’eau, un périple sous haute surveillance ! 

Ensuite, dans son long parcours jusqu’à nos robinets, l’eau est surveillée de très près ! Un suivi en continu est exercé à certains points de passage pour mesurer la teneur en nitrates par exemple, et de relevés réguliers sont réalisés pour analyse en laboratoire comme pour les produits phytosanitaires. L’organisme Eau de Paris est suivi par l’Agence Régionale de Santé et son laboratoire est accrédité COFRAC (Comité français d’accréditation) ; Eau de Paris est par ailleurs triplement certifiée pour la qualité de ses activités de production, transport et distribution d’eau potable. 

En fin de chaîne, l’eau arrive dans nos appartements grâce à un réseau de canalisations dont l’entretien fait également l’objet d’une très grande attention. « Il y a l’eau, mais il y a aussi le tuyau », affirme Murielle Bouchardy, chef de projet chez Bureau Veritas, dont l’équipe Asset Integrity Management vérifie l’intégrité des infrastructures d’acheminement dans le secteur du pétrole, du gaz et de l’eau. « La maintenance préventive permet effectivement de limiter les déperditions d’eau, et de préserver la ressource en permettant de réduire, la quantité de chlore introduite dans l’eau pour limiter la corrosion des canalisations ». 

Une eau traitée avec beaucoup d’égards, donc, afin que les Parisiens puissent continuer de la consommer sans modération !

Alexia Sena

Eau de Paris en chiffres

- 900 collaborateurs

- 3 millions d’usagers desservis

- 500 000 m3 d’eau potable distribués par jour en moyenne

- 470 kilomètres d’aqueducs

- 1 million de mesures de qualité effectuées en suivi continu

- 102 points de captage souterrains de la Bourgogne à la Normandie

- Rendement du réseau : 90,3 % (soit 9,7 % de déperdition d’eau entre la source et le robinet, contre 20 % en moyenne sur l’ensemble des communes françaises)

 




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