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A quoi sert la thermographie infrarouge ?


De plus en plus, la thermographie infrarouge investit le champ civil trouvant des applications dans de nombreux domaines : maintenance industrielle, performance énergétique ou recherche médicale. Cherif Sayah, directeur du Pôle Inspections Vérifications en Service, nous explique pourquoi ce procédé, simple et rapide, est de plus en plus employé.

Qu’est-ce que la thermographie infrarouge ?
Cherif Sayah : Elle est utilisée pour mesurer, à distance et sans contact, la température d’un corps. Cette technique est basée sur le principe physique que tout corps diffuse un rayonnement électromagnétique – proportionnel au pouvoir « émissif » des matériaux constituant ce corps – et d’autant plus important que celui-ci est chaud. Un appareillage spécifique, pistolet ou caméra infrarouge, pointé vers un objet cible détecte la « chaleur » émise par son rayonnement électromagnétique. Ce procédé, développé par l’armée américaine il y a plusieurs décennies, et longtemps “chasse gardée”, s’est progressivement ouvert aux applications civiles.

Qui s’en est emparé ?
C.S. : La maintenance industrielle d’abord. La capacité de la thermographie à détecter à distance tout échauffement ou température anormal en fait un outil idéal pour localiser un dysfonctionnement électrique, une malfaçon mécanique ou une corrosion métallique. D’autant qu’il n’est pas nécessaire d’arrêter l’activité. En imagerie médicale, la thermographie infrarouge a permis de grandes avancées à la recherche, notamment pour la connaissance du cerveau. Elle est actuellement privilégiée pour évaluer la performance énergétique des bâtiments ; des thermogrammes de villes entières sont même réalisés à partir de vols aéroportés.

Comment ça marche ?
C.S. : Un défaut mécanique, une soudure ou un contact défaillant par exemple, entraine toujours une différence de température. De même, dans un circuit électrique, les conducteurs sont parcourus par la même intensité et présentent la même résistance ; si ce n’est pas le cas c’est qu’il y a un problème, de serrage de bornes ou de déséquilibre des phases. L’avantage avec la thermographie infrarouge c’est qu’elle détecte et localise immédiatement l’anomalie. Un pré diagnostic peut ensuite être posé et le risque mécanique ou d’incendie prévenu.

Est-ce un outil simple ?
C.S. : Oui et non. Il est simple mais l’expérience dans le domaine concerné est indispensable pour mener l’investigation à son terme : des électriciens pour des installations électriques, des thermiciens dans le bâtiment ou des mécaniciens pour des machines font les meilleurs opérateurs.

En maintenance, est-ce l’outil le plus approprié ?
C.S. : D’autres techniques existent, on peut faire un suivi vibratoire sur une machine pour anticiper la détérioration des roulements ou analyser périodiquement l’huile pour repérer les traces d’une érosion. Mais, comparativement, une campagne de mesures par thermographie présentera l’avantage de détecter à grande échelle et rapidement toute montée de température indicative d’une « infection ».

Des sociétés de maintenance incluent un contrôle de thermographie dans leurs prestations, est-ce un gage de qualité ?
C.S. : C’est à double tranchant. Ce peut être intéressant pour le client … mais c’est surtout pratique pour le mainteneur dont la tâche est facilitée.
C’est pourquoi il n’est pas inutile, de temps à autre, de demander des mesures thermographiques à un tiers indépendant pour, en quelque sorte, valider la qualité de la maintenance. C’est une mission que Bureau Veritas a mise au catalogue après avoir constaté que les bénéfices offerts par la thermographie infrarouge étaient souvent mal exploités.

Quel est l’intérêt de la thermographie infrarouge vis-à-vis du risque incendie ?
C.S. : D’une manière générale, la thermographie est recommandée pour prévenir l’incendie ou les arrêts d’exploitation dans les bâtiments du tertiaire (ERP, banque, salle informatique…), dans les domaines de la logistique (entreposage) ou de l’industrie.
Dans l’industrie pétrolière et dans toute activité à fort risque d’incendie ou d’explosion, les assureurs l’exigent. Ils demandent, en complément du contrôle réglementaire des installations électriques (certificat Q18), une thermographie (certificat Q19) avec une périodicité resserrée généralement de six mois. Les deux sont complémentaires : l’un renseigne sur la conformité de l’installation et l’autre sur la qualité de la maintenance. Un contrôle régulier par thermographie est toujours une bonne base de négociation avec son assureur…

Pourquoi le Bâtiment recourt-il de plus en plus à cette technique ?
C.S. : Elle est utilisée dans trois cas. Pour une construction neuve, elle permet de valider la qualité : si la température d’un pan thermique est constante (façades ou toiture), tout va bien, sinon, il y a soupçon de malfaçon et une investigation complémentaire est souhaitable. Dans le cas des bâtiments existants, certaines municipalités demandent des thermographies aériennes d’un quartier ou de la ville afin que soient évaluées les déperditions thermiques. L’objectif étant généralement de sensibiliser les propriétaires aux défauts d’isolation. Une troisième application est le diagnostic énergétique réalisé avec le concours d’outils complémentaires afin de visualiser les déperditions d’énergie.

Vous l’utilisez aussi pour repérer des canalisations enterrées ?
C.S. : Oui, la thermographie apporte une assistance technique à la recherche de tracé de cordons chauffants, de canalisations de chauffage, d’eau chaude sanitaire ou de refroidissement. Elle permet d’établir une cartographie du réseau ou d’identifier un défaut, de calorifugeage par exemple. Mais beaucoup d’autres applications sont possibles.

Bureau Veritas et la thermographie infrarouge

  • A la demande de l’APSAD, Assemblée Plénière des Sociétés d’Assurances Dommages :
  • Vérification des installations électriques par thermographie infrarouge avec émission du compte rendu Q19
  • Dans le cadre de la maintenance :
  • Vérification des installations électriques,
  • Vérification de la qualité des opérations de maintenance : resserrage des connexions électriques, couplage mécaniques, lubrification et qualité des transmissions mécaniques,
  • Dans le cadre du diagnostic et d’assistance technique :
  • Audit de la maintenance des installations électriques,
  • Diagnostic et audits dans le cadre de la recherche des dysfonctionnements d’installations et d’équipements électriques,
  • Assistance à la réception des installations et équipements électriques,
  • Audit et diagnostic des installations de chauffage,
  • Recherche du tracé des canalisations enterrées.
  • Dans le cadre des économies d’énergie et de la performance énergétique des bâtiments :
  • Qualité d’isolation des constructions neuves et existantes,
  • Performance thermique des bâtiments,
  • Contrôle des parcs purgeurs vapeur (Contrôle effectué par ECS, filiale de Bureau Veritas)
  • Dans le cadre de la protection de l’Environnement :
  • Recherche de fuites de COV*, composés organiques volatiles, par exemple sur des bacs de stockage d’hydrocarbures.
  • Pour plus d’infos, un conseil ou un devis, cliquez ici, pour nous contacter, pour découvrir l’offre Bureau Veritas, cliquez ici.

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