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Comment a été construit le 1er hôtel flottant de France

Le « Off », 58 chambres, restaurant et piscine, s’est amarré à Paris cet été. Construire cet hôtel flottant aura été une prouesse. Voici les coulisses de sa fabrication.


Le « Off » s’est amarré cet été à Paris. Construire cet hôtel flottant, sur l’eau, aura été une prouesse. Les équipes qui l’ont réalisé dévoilent les secrets de sa fabrication. Les parisiens stressés ont désormais une nouvelle adresse pour débrancher : le premier hôtel flottant de France a amarré près de la Cité de la mode et du design à proximité de la gare d’Austerlitz.

Baptisé le « OFF », cet établissement quatre étoiles ne désemplit pas depuis son ouverture. «Notre bar à cocktails et notre restaurant sont ouverts aux clients extérieurs à partir de 17h, au moindre rayon de soleil il y a foule», remarque Christophe Sauvage, directeur général d’Elegancia Hotels, l’hôtelier du projet. 

 

Il faut dire que cette spectaculaire construction de 800 tonnes de bois et d’acier vaut à elle seule le détour.  Conçue par l’architecte Gérard Ronzatti, spécialiste des bateaux-mouches et autres bâtiments flottants sur la Seine, elle est supportée par deux coques, à l’instar d’un catamaran. Le bâtiment lui-même est composé de 2 niveaux, de 58 chambres, d’un restaurant…  «Il a également été doté d’un bassin de nage de 12 mètres sur 2 et de nombreuses verrières afin d’immerger complétement les passagers dans une atmosphère marine », fait valoir l’hôtelier. Un cadre hors du commun qui a déjà incité de nombreux photographes à venir y organiser leur shooting. 

 

 

 

Un intérêt financier

Si le cadre séduit les clients, le concept d’hôtel flottant présente d’autres avantages. «La structure a coûté 11 millions. En parallèle, on doit payer un loyer au port de Paris. Je ne peux pas dévoiler son montant mais vu le coût du foncier, c’est intéressant pour nous sur le plan financier », confie Christophe Sauvage qui caresse déjà l’idée d’ouvrir d’autres lieux de ce type. Ce projet qui nécessitait l’intervention de corps de métiers très variés (hôtellerie, fluvial, etc.) a néanmoins été complexe à mettre en œuvre.  Et sa bonne réalisation a nécessité de l’inventivité.

 

Une construction à faire flotter de Rouen à Paris

Pour que le chantier ne prenne pas trop de temps, les porteurs du projet ont ainsi décidé d’utiliser des cabines préfabriquées avec salle de bains, et connectique intégrée. «Ce parti pris original nous a permis de lancer la construction des modules en même temps que celles des coques assurant la flottaison», révèle Nelly Allais, responsable de programmes senior au sein du Groupe Novaxia, le promoteur et l’actionnaire majoritaire du projet. La construction devant être acheminée par voie fluviale de Rouen (ville où elle était assemblée) jusqu’à Paris, les équipes ont par ailleurs eu l’idée d’une structure pouvant être divisée en deux parties, plus faciles à transporter. Grâce à cette conception innovante, chaque moitié a pu passer les écluses les plus étroites du trajet sans problème.

 

 

 

La crue de juin : un test grandeur nature

L’autre défi était de garantir la stabilité de l’ensemble. Et de ce point de vue aussi, c’est réussi. La structure a parfaitement supporté la crue exceptionnelle de juin dernier. Une fois à bord, on ne sent du reste une légère houle que si un gros bateau vient à passer. Ceux qui n’ont pas le pied marin peuvent donc embarquer sans avoir à redouter le mal de mer. Quant à la menace d’un naufrage, elle peut, elle aussi, être écartée. «Nous avons vérifié sur plan et sur chantier la qualité des soudures et des matériaux et nous avons contrôlé la présence au bon endroit de tous les éléments de sécurité requis notamment les cloisons étanches», précise Sébastien Hemon-Laurens, chef de projet au sein de Bureau Veritas.

 

Des contrôles opérés par des plongeurs

Les équipes ont également dû se montrer inventives en matière de sécurité incendie. «Comme c’est une construction d’un genre nouveau, la réglementation ne dit pas précisément ce qu’il faut prévoir. Nous avons anticipé les risques et proposé des dispositifs de sécurité adaptés notamment le compartimentage de l’établissement», précise l’expert technique Bureau Veritas. Un effort qui a payé puisque la commission de sécurité chargée de valider le projet a donné son feu vert sans réticence.  L’hôtel n’aura désormais plus qu’à subir des contrôles de routine adaptés à son statut de structure flottante: vérification de la coque par des plongeurs tous les cinq ans et révision hors d’eau tous les dix ans. Les curieux tentés par l’expérience peuvent quant à eux embarquer en toute tranquillité.

 

 

Photos de OFF Paris Seine publiées avec l'aimable autorisation de Novaxia.

 




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