Jouets de Noël : comment les laboratoires s’assurent qu’ils ne présentent aucun danger

Chute, torsion, test du chalumeau… les experts font passer une batterie de tests aux jouets qui seront offerts à Noël. Pour qu’enfants et parents passent des fêtes tranquilles.

Pour s’assurer que les enfants ne risquent pas de se blesser avec leurs jouets, les experts Bureau Veritas font passer à ces derniers toute une série de tests en laboratoire, pour vérifier qu’ils soient inoffensifs.

 

Peluches, puzzles, poupées… quoi de plus agréable pour les enfants que de découvrir le matin de Noël une multitude de jouets au pied du sapin ? Le problème c’est que les marmots respectent rarement les modes d’emploi ou les règles élémentaires de prudence. « Pour s’assurer que les enfants ne risquent pas de se blesser avec les jouets qu’on leur offre, nous demandons à Bureau Veritas de leur faire passer toute une série de contrôles », explique Nicodème Jaffredo, responsable qualité Europe du fabricant de jouet Bandai. Revue des épreuves auxquelles ils peuvent être soumis.

 

Est-ce que le jouet brûle ? 

L’un des principaux risques avec des jouets tels que les ours en peluche? Qu’au contact du feu, ils s’enflamment si rapidement que l’enfant se brûle avant d’avoir le temps de les lâcher. Pour prévenir ce danger, les experts Bureau Veritas opèrent différents tests. Par exemple, ils appliquent pendant 3 secondes la flamme d’un chalumeau sur le jouet et ils vérifient qu’elle ne se propage pas à une vitesse supérieure à 30 mm par seconde.

Est-ce que le jouet coupe ?

Pas question qu’un jouet, en cassant, présente des bords coupants ou des pointes acérées qui pourraient blesser l’enfant. «Pour s’assurer que ce n’est pas le cas, on torture un peu les jouets », confie Chantal Philippe, directrice des opérations Bureau Veritas CPS France. Les experts leur font ainsi  subir entre autres:

-  un test de chute qui consiste à faire tomber le jouet 5 fois d’une hauteur de 85 cm

-  un test de choc qui consiste à faire tomber sur le jouet un poids métallique de 1kg d’une hauteur de 100 mm

-  un test de compression qui consiste à appliquer une force de 110 Newtons pendant 10 secondes sur l’objet

Si le jouet se casse, les experts passent sur ses arêtes un mandrin (une machine effectuant des rotations) recouvert d’adhésif afin de simuler la peau. Lorsque l’adhésif est coupé à plus de 50% de sa longueur, le bord est considéré comme non–conforme car coupant. Un deuxième appareil permet de s’assurer qu’en cassant, l’objet n’a pas formé des pointes trop acérées.

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Tests d'étirement, torsion, compression et arrachement effectués sur un ours en peluche dans un des laboratoires Bureau Veritas 

 
Est-ce que le jouet s’avale ?

Les tout-petits ont parfois la fâcheuse habitude d’avaler ce qui leur tombe sous la main. Il est donc crucial qu’ils ne puissent pas détacher du jouet des petits composants avec lesquels ils pourraient s’étouffer. Grâce à une machine appliquant une force de torsion spécifique (0.34 Nm pendant 10 secondes), les experts Bureau Veritas vérifient quels éléments peuvent se détacher du jouet. Ils les passent ensuite dans un cylindre ayant les mêmes dimensions que la trachée d’un enfant de moins de trois ans. Si l’élément entre dedans, le jouet est déclaré non conforme. Le même test est appliqué aux petits débris d’un jouet qui se serait cassé suite à d’autres tests (test de chute, de choc ou de compression par exemple).

 
Est-ce qu’on peut s’étouffer avec le jouet ?

Certains fins emballages de jouets peuvent se plaquer sur le visage de l’enfant et le faire suffoquer. Pour prévenir ce danger, les experts Bureau Veritas s’assurent que l’emballage mesure plus de 38 microns. S’il est moins épais que cela, il doit dans ce cas, comporter des trous à intervalle précis afin de ne pas empêcher la respiration.

Est-ce que le jouet peut provoquer des chutes ?

Votre bambin a commandé un tricycle ou une trottinette au père Noël? Il serait dommage qu’il fasse une mauvaise chute à cause d’un jouet pas assez stable. Pour éviter cela, les experts Bureau Veritas mettent au point des simulations grandeur nature. «On accroche des poids afin de simuler le poids d’un enfant et on observe le comportement de l’objet sur un plan horizontal puis sur un plan incliné», précise Chantal Philippe.

Est-ce que le jouet étrangle ?

Vos enfants rêvent de lassos ou de corde à sauter ? D’accord, mais il ne faudrait pas qu’ils risquent de s’étrangler avec. Pour éviter cela, les experts Bureau Veritas s’assurent que les cordons du jouet ne dépassent pas la longueur légale (220 mm pour ceux destinés au moins de 18 mois et 300 mm sinon). Si le cordon se scinde en plusieurs parties, c’est la longueur de chacune de ses parties qui doit être inférieure à ces seuils.

 

 
Est-ce que le jouet est toxique?

Même lorsqu’ils ne boivent plus au biberon, beaucoup d’enfants ont tendance à mâchonner leurs jouets. «Le risque dans ce cas c’est que des métaux lourds tels que le plomb ou le chrome migrent dans l’organisme » explique Chantal Philippe. Pour prévenir ce danger, un préparateur gratte l’encre sur l’objet puis ajoute un acide proche de l’acide gastrique avant de mettre le tout dans un bain-marie agitateur qui va simuler la digestion. La solution est ensuite analysée afin de vérifier que les taux de migration des métaux respectent les limites autorisées.   

Est-ce que le jouet perfore ? 

Pan Pan t’es mort ! Si c’est pour rire passe encore. Mais il ne faudrait pas qu’avec son pistolet de cow-boy, notre bambin blesse son camarade de jeu. Pour prévenir ce danger, les experts Bureau Veritas vérifient que la vitesse et la taille des projectiles respectent les normes. «Le rayon de l’extrémité du projectile doit par exemple être supérieur à 2 mm car en dessous, il y a un risque de perforation», précise Chantal Philippe. La vitesse à laquelle les projectiles sont envoyés doit elle aussi être en dessous d’un certain seuil (énergie cinétique maximale de 0.5 joules pour les projectiles résilients tels que les balles molles ou ceux comportant une surface résiliente telle qu’une ventouse et 0.08 joules pour les autres). 

 

Nos conseils pour acheter des jouets sûrs:

- Vérifier que les jouets comportent bien le marquage « CE » et que l’adresse de l’entité qui les met sur le marché est bien située dans l’Union Européenne. 

-  Respecter les catégories d’âge. Elles ne sont pas là pour donner une indication sur le niveau de maturité nécessaire pour comprendre le jouet. « Elles servent à prévenir les dangers», explique Nicodème Jaffredo, responsable qualité Europe du fabricant de jouets Bandai. Un enfant de deux ans sera peut-être suffisamment éveillé pour comprendre un jeu destiné aux trois ans et plus mais le jeu peut aussi comporter des risques auxquels un petit sera plus exposé (par exemple, la présence d’éléments de taille très réduite qu’il pourrait ingérer etc).

 

Des décorations de Noël étudiées à la loupe

Elles aussi doivent être minutieusement testées avant d’être commercialisées. «Nous contrôlons entre autre les bougeoirs, il ne faut pas qu’ils se déforment ou qu’ils atteignent des températures trop élevées » explique Chantal Philippe, directrice des opérations Bureau Veritas CPS France. Les experts Bureau Veritas vérifient aussi que les sapins artificiels ne présentent pas de bords coupants ni de pointes acérées qui pourraient blesser les occupants de la maison. Au moyen d’un chalumeau, les contrôleurs s’assurent  enfin que ces arbres de Noël factices ne sont pas susceptibles de s’enflammer. Ces derniers ont en effet pour obligation d’être totalement ignifugés.