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L’ambitieux chantier qui a transformé le Mirail à Toulouse en université du 21e siècle

L'emblématique fac de Toulouse vient d'achever 13 ans de travaux, sans arrêt d'activité. Bureau Veritas a assuré une partie du contrôle technique et de la coordination sécurité.


En travaux depuis 2002, le campus de l'université Jean-Jaurès (ex-Mirail), dessiné par Candilis, Josic et Woods dans les années 60, a été reconstruite et réhabilitée ces 3 dernières années par le groupe Vinci . Un chantier d’envergure, en partenariat public-privé (PPP), qui a permis de reconstruire une université plus confortable et mieux organisée. En réinterprétant son architecture originelle.

 

Les étudiants du Mirail à Toulouse (devenue l'université Jean Jaurès) ont désormais toutes les cartes en main pour travailler dans de bonnes conditions. Porté par le groupe Vinci, le chantier de reconstruction et de réhabilitation d’une importante partie du campus du Mirail vient de s’achever. «Nous terminons les dernières finitions mais tous les bâtiments sont ouverts», précise Cécile Jolivet, directrice des partenariats public-privé Midi-Pyrénées au sein de la branche Construction du groupe en France.  Mener à bien ce projet doté d’un budget de Contrat de Promotion Immobilière de 133 millions d’euros (HT valeur 2012) et dirigé par ADIM Sud-Ouest, n’aura pas été une mince affaire. Le groupe Vinci via sa filiale locale de travaux Bourdarios s’est en effet chargé de la démolition, de la conception, de la construction et de la restructuration de 3 des 5 UFR du campus soit 60 000 m2 de locaux neufs dont 7 amphithéâtres. Le groupe a également bâti plus de 300 logements et 1100 places de parking, ainsi que des équipements sportifs et des aménagements extérieurs sur 90 000 m2.

 

Sur le campus du Mirail, à Toulouse, cette immense canopée de 7000 m2 construite par le groupe Vinci permettra aux étudiants de circuler à l’abri des intempéries et du soleil. (Crédit C PICCI)

 Crédit C PICCI

 

Réinterpréter l’architecture originelle du Mirail

Un chantier d’envergure qui présentait de nombreux défis. Le plus important de tous ? Préserver l’esprit de l’architecture initiale du Mirail dessinée dans les années 60 par Candilis, Josic et Woods. Un objectif que les acteurs du projet sont parvenus à atteindre en reprenant les principes d’aménagement des premiers concepteurs. Tous les bâtiments sont ainsi de forme orthogonale. Ils ont par ailleurs une hauteur limitée : un étage pour la plupart et lorsqu’un deuxième niveau est présent, il est en retrait de 2 mètres minimum afin de mieux s’intégrer.  «La présence de patios étaient également un élément caractéristique de l’architecture originale, nous avons donc veillé à en prévoir un grand nombre. Ils amènent de la lumière et de la verdure au sein des bâtiments », confie Cécile Jolivet.

 

Une canopée de 7000 mètres carrés protège des intempéries et du soleil

Si l’architecture du nouveau campus est inspirée de celle dessinée par les premiers concepteurs, l’équipe actuelle ne s’est pas privée d’apporter quelques améliorations de son cru, notamment une magnifique canopée de 7000 mètres carrés qui permet aux passants de circuler à l’abri des intempéries en hiver et du soleil en été. Les acteurs du projet ont également voulu donner aux bâtiments une plus grande flexibilité. «L’université Jean Jaurès pourra très simplement modifier l’organisation des locaux en abattant quelques cloisons légères. Nous avons veillé à ce qu’il y ait peu de poteaux car, lorsqu’ils sont au milieu de pièces, changer l’agencement des salles devient compliqué », fait valoir Cécile Jolivet. Cette modularité est un vrai plus. Elle a ainsi permis au constructeur de modifier facilement son projet lorsque le campus du Mirail, alors confronté à une hausse importante du nombre d’étudiants, a souhaité en cours de route apporter quelques changements. «Au moment de l’appel à projet, 22 000 étudiants étaient attendus ; ils sont désormais proches des 30 000. L’université avait besoin de salles plus grandes que prévu initialement. La trame de notre projet nous a cependant permis de nous adapter à cet imprévu et de fusionner certains emplacements», précise la directrice PPP en Midi-Pyrénées de Vinci Construction France.

 

Sur le campus du Mirail, à Toulouse, cette immense canopée de 7000 m2 construite par le groupe Vinci permettra aux étudiants de circuler à l’abri des intempéries et du soleil. (Crédit C PICCI)

 Crédit C PICCI

 

Une meilleure organisation des flux et des salles

L’organisation générale du campus du Mirail a d’autre part été clarifiée. «Il y avait auparavant des entrées secondaires un peu partout et une Unité de Formation et de Recherche (UFR) pouvait être dispatchée sur plusieurs bâtiments », explique Cécile Jolivet. Pas facile de s’y retrouver dans ces conditions. Pour simplifier les choses, les locaux d’une même UFR sont à présent réunis dans un même édifice. Et l’accès aux salles se fait désormais systématiquement par l’entrée principale du bâtiment. Les questions de sécurité ont quant à elle été traitées avec le plus grand soin.  En charge du contrôle technique sur ce programme, les experts Bureau Veritas ont ainsi étudié avec attention les hypothèses de calculs et les plans de construction. « Ces analyses et nos nombreuses visites de contrôle nous ont permis de vérifier que ces bâtiments destinés à accueillir du public respectaient bien les règles de construction ainsi que la réglementation en matière de sécurité incendie et d’accessibilité », rassure Jérôme Pech, responsable d’opérations de Bureau Veritas Toulouse. Créer un campus agréable et sécurisé n’était cependant pas le seul challenge à relever.

 

Un chantier organisé au cordeau afin de maintenir l’activité du campus

L’organisation du chantier, elle-même, posait d’importants défis. «Bureau Veritas était responsable de toute la coordination sécurité donc nos équipes se sont chargées d’identifier les risques que présentaient les interventions et de coordonner ces dernières de façon à éviter les accidents de chantier », explique Jérôme Pech. Cette organisation au cordeau était d’autant plus nécessaire que  les travaux ne devaient pas perturber le fonctionnement du campus ni l’apprentissage de ses milliers d’étudiants. Un soin tout particulier a donc été apporté par Vinci au découpage du programme et à la planification des opérations de déménagement, de logement provisoire, de démolition et de reconstruction. Pour que tout se passe bien, le groupe a opéré des mesures sonores quotidiennes afin de s’assurer de ne jamais dépasser un certain niveau de nuisance. « Nous avons également mis en place des réunions de coordination avec les services universitaires chaque semaine et nous avons fait en sorte de tenir les usagers informés de l’avancement des travaux via des panneaux », précise Cécile Jolivet. La cohabitation entre les étudiants et l’équipe chantier n’aura de toute façon pas duré bien longtemps. Ce chantier d’envergure a en effet été mené en un temps record de 48 mois.  Un délai serré que les équipes ont pu tenir en travaillant d’arrache-pied et en recourant à des procédés innovants comme les planchers à caissons. «Un procédé plus rapide à réaliser qui nous a permis de diviser par deux le temps consacré au coulage des planchers », confie Cécile Jolivet. Les équipes n’ont désormais  plus que quelques finitions à terminer sur les espaces extérieurs. Aux étudiants de l'université Jean Jaurès maintenant de mettre les bouchées doubles !

 

A Toulouse, une importante partie du campus du Mirail a été reconstruite et réhabilitée par le groupe Vinci dans le cadre d’un partenariat public-privé. (Crédit C PICCI)

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