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La cathédrale orthodoxe que Poutine n’a pas inaugurée est une prouesse technologique

Les secrets de construction du monument russe, bâti près de la Tour Eiffel à Paris


Ses coupoles d’or ont été fabriquées avec le même composite que les voiliers de compétition, ses façades construites avec une technique inédite de bandeaux de pierre... La construction de la nouvelle Cathédrale orthodoxe russe, en plein centre de Paris près de la Tour Eiffel, a été riche en innovations.

La nouvelle cathédrale orthodoxe de Paris, qui devait être inaugurée ce mercredi 19 octobre par François Hollande et Vladimir Poutine, avant l’annulation de ce dernier, aura fait beaucoup parler d’elle sur le plan diplomatique. Mais peu encore sur le caractère exceptionnel de son architecture. Ce « centre spirituel et culturel orthodoxe russe », situé quai Branly, à deux pas de la Tour Eiffel, et financé à hauteur de 100 millions d’euros par l’Etat russe, a en effet été imaginé par Jean-Michel Wilmotte.

Le centre comporte plusieurs bâtiments (un auditorium, une école primaire, une cafétéria), mais c’est sa cathédrale, sorte de figure de proue de l’ensemble, qui est typique des constructions russes, notamment avec sa grande voûte hémisphérique et ses 4 petites chapelles, elles-mêmes coiffées de 5 coupoles recouvertes de feuilles d’or. L'édifice a également fait l’objet d’innovations technologiques inédites, utilisées d’habitude dans la marine et l'aéronautique. Bureau Veritas est intervenu très en amont du projet, pour en contrôler la sécurité et la solidité.

 

Construction et pose du dôme principal en or de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe de Paris
Photo : Wilmotte & Associés

 

LES COUPOLES D’OR ONT UTILISÉ UNE TECHNOLOGIE DE VOILIERS DE COMPÉTITION

Ces 5 dômes recouverts de feuilles d'or mat, qui rendent la cathédrale orthodoxe visible de loin sur les bords de Seine près de la Tour Eiffel, ont demandé un travail minutieux. « Le but était d'avoir un poids limité tout en gardant une grande résistance, et d’obtenir un rendu lisse, explique Jean-François Berry, spécialiste Structures Bois Métal Composites chez Bureau Veritas. Ainsi, alors qu’en Russie, les dômes des églises sont façonnés à partir de zinc, et s'appuient sur des charpentes en bois, à Paris, c’est un matériau composite qui a été utilisé. »

L'emploi de ce matériau composite fibres de verre/résine, est une première mondiale pour la fabrication de dômes d'églises : il est fabriqué selon un procédé très complexe de moulage par infusion – aspiration des résines dans les tissus par mise sous vide - habituellement utilisé pour… la fabrication de voiliers de compétition ou de pièces d'avions. La réalisation de ce matériau a d’ailleurs été confiée à la société Multiplast, basée à Vannes, leader dans la construction de bateaux de compétition.

« Cette technique permet aussi de décomposer les dômes en morceaux plus petits, qui ont la forme de quartiers d’orange », poursuit Jean-François Berry. Fabriquées et préassemblées en usine, ces pièces d'environ 3 mètres sur 4 ont été acheminées à Paris sur le chantier de la cathédrale orthodoxe, avant d'être réassemblées tel un Lego géant, en toute sécurité.

 

Construction du dôme de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe de Paris
Photo : DR 

 

LES FAÇADES BÂTIES AVEC DES « STRATES » DE PIERRE

Quant aux façades et espaces intérieurs de l'édifice, ils sont revêtus essentiellement de pierres de Massangis de Bourgogne. « Ces pierres semi-massives de couleur crème, typiques des constructions de Paris ont permis à l’architecte d’harmoniser le style russe avec son environnement », décrypte Mustapha Boulif, responsable de l'opération chez Bureau Veritas.

L'innovation se situe dans l'utilisation de bandeaux de pierre fins et allongés, plutôt que des blocs carrés ou rectangulaires, pour former des « strates » de pierre aux longueurs variables. Rien que pour la cathédrale, 6 184 pièces, de 72 types différents, ont été utilisées.

 

UN DÉFI POUR BUREAU VERITAS

Bureau Veritas, expert en contrôle technique dans la construction d’ouvrages d’exception, est intervenu dès la réalisation des premières esquisses de l’œuvre russe, et a accompagné la maîtrise d'œuvre dans la rédaction de son dossier, avec l’objectif de s'assurer que les techniques innovantes utilisées dans la construction de la cathédrale orthodoxe respectaient bien toutes les exigences réglementaires en matière de sécurité et de solidité. Un véritable défi. « Ces techniques de mise en œuvre et ces associations de matériaux étaient utilisées pour la première fois dans ce contexte », explique Mustapha Boulif.

 

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Photo : Wilmotte & Associés

 




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