ISO 55000 : une norme internationale pour la gestion des équipements industriels

Pour entretenir les infrastructures, les grands groupes mettent en place des systèmes de gestion d’actifs. Le nouveau référentiel ISO 55000 donne un cadre à ces dispositifs. Explications.

 

Accident ferroviaire de Lac-Mégantic au Canada, pénurie d'eau potable à Dakar, ou inondations dans les rues de Marseille... Aujourd’hui encore, une mauvaise gestion d’infrastructures de transport, d’eau ou d’électricité provoque des accidents graves.

Pour limiter les risques, sans toutefois faire exploser les coûts, les exploitants de ces infrastructures mettent en place des systèmes de gestion des actifs : quels budgets d’investissement et d’exploitation ? Quels équipements entretenir en priorité ? Quand renouveler les installations ?

 

« Le but est de trouver un équilibre entre les coûts et les risques afin d’assurer, dans le respect des contraintes réglementaires et contractuelles, la meilleure rentabilité et disponibilité des équipements tout au long de leur cycle de vie »

Jacques Matillon, directeur général de Bureau Veritas Certification

 

Coûts versus risques : un équilibre à trouver

Dans ce cadre, l’exploitant considère les équipements non plus comme des pièces de métal ou de béton, mais comme des objets qui réagissent à un environnement donné, vieillissent, et se détériorent avec le temps.

« Le but est de trouver un équilibre entre les coûts et les risques afin d’assurer, dans le respect des contraintes réglementaires et contractuelles, la meilleure rentabilité et disponibilité des équipements tout au long de leur cycle de vie », analyse Jacques Matillon, directeur général de Bureau Veritas Certification.

 

ISO 55 000 : une série de normes dédiées

Depuis 2014, la série de normes ISO 55 000 aide les entreprises et les collectivités à établir un système de gestion d’actifs.

 

Une certification dans la lignée du PAS-55 britannique

En Grande-Bretagne, la norme PAS-55 (pour Publicly Available Specification) portant sur la gestion des actifs est très demandée par les entreprises. Ainsi, l’Office of Rail Regulation et l’Office of Gas and Electricity Market imposent aux opérateurs ferroviaires et aux fournisseurs d’énergie d’obtenir cette  certification.

Datant de 2008, la dernière mise à jour de la certification a été développée dans 50 entreprises et organisations de 15 secteurs industriels dans 10 pays. L'Organisation internationale de normalisation (ISO) a utilisé cette certification comme base pour le développement de la nouvelle série ISO 55000.

 

 

Ce référentiel encadre ainsi 7 points : le contexte de l’organisme, le leadership, la planification, le soutien, le fonctionnement et l’évaluation des performances. « Elle oblige l’entreprise ou l’organisation à définir des objectifs à long terme et à s’y tenir, que cela soit en termes de rentabilité, de développement durable, ou d’attentes des parties prenantes », ajoute Jacques Matillon.

Encore peu utilisée en France, la norme est pourtant mentionnée dans les appels d’offres portant sur les infrastructures de transports, des réseaux de distribution d’eau et d’électricité ou des sites miniers dans les pays anglo-saxons, dans la zone Asie-Pacifique ou en Amérique latine.

 

Les fournisseurs sont conscients des objectifs

Le groupe SUEZ a entamé une démarche de certification en 2015. « Aujourd’hui, six sites de traitement des eaux usées sont certifiés ISO 55001, en France, Espagne, Slovénie, Jordanie, Qatar et en Australie, indique Bénédicte Guy, Plant Asset Manager, chez SUEZ au sein de la Global Business Line Infrastructures de Traitement.

« Les sites doivent respecter plusieurs objectifs, poursuit Bénédicte Guy. Le premier est évidemment de traiter les eaux usées en conformité avec la réglementation environnementale. Il s’agit également de neutraliser les odeurs et de limiter la consommation énergétique. Cette norme nous aide à clarifier ces objectifs, afin que tous les intervenants autour des actifs, en particulier ceux intervenant sur la maintenance, regardent dans la même direction. »

 

Les propriétaires sont rassurés

L’ISO 55 000 permet de donner un référentiel lisible par toutes les parties prenantes : fournisseurs de services et sous-traitants, mais aussi organisations gouvernementales, ou propriétaires des sites. « Grâce à cet outil de transparence, les collectivités propriétaires des sites de traitement comprennent mieux nos décisions et sont moins dans le contrôle systématique », analyse Bénédicte Guy, de la Global Business Line Infrastructures de Traitement de SUEZ.

 

Une norme qui se fond dans le système de management

SUEZ a intégré la norme ISO 55001 dans un système de management global pour la gestion des infrastructures de traitement d’eau « L’ensemble de nos activités est certifié selon les normes ISO 9001, 14001, 18001, 50001 et, depuis 2015, 55001, explique Joséphine Jouannic, Management System Coordinator pour la Global Business Line Infrastructures de Traitement de SUEZ l. Ainsi, la gestion des risques, les règles, les méthodes et les outils sont harmonisés, et les pratiques sont unifiées au sein du périmètre.

 

"Tout le monde en sort gagnant, résume Bénédicte Guy. Le propriétaire profite mieux de l’expertise de son traiteur d’eau, le traiteur d’eau a plus de latitude pour affecter les ressources là où elles sont le plus utiles, et le contribuable est sûr que ces équipements dureront dans le temps."