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Diagnostiqueur amiante : faut-il vraiment opter pour la certification avec mention ?

Une à trois journées de formation suffisent à obtenir la certification sans mention


Les diagnostiqueurs amiante ont tendance à choisir le niveau de certification le plus élevé. Une décision qui n’est pas forcément judicieuse. Voici pourquoi.

Le précédent du Diagnostic de performance énergétique

Suite à cette nouvelle réglementation, les professionnels du diagnostic immobilier pourraient être tentés de choisir le niveau de certification le plus élevé. Leur objectif : élargir leur champ de compétences afin de conquérir de nouveaux marchés, ou d’enrichir leur catalogue.

« Nous avons connu cette situation avec le Diagnostic de performance énergétique (DPE) en 2012, informe Philippe Durand, directeur de programme chez Bureau Veritas Certification. Un grand nombre de diagnostiqueurs immobiliers ont alors opté pour la certification avec mention. »

Certification simple pour les transactions immobilières

Mais, pour l’expert, cette décision doit être mûrement réfléchie. « Les diagnostiqueurs spécialistes des transactions n’ont, a priori, pas d’intérêt à choisir la certification amiante avec mention. »

Première raison : la certification « sans mention » est suffisante pour les diagnostics dans le cadre de la vente de maisons ou immeubles, soit la très grande majorité des diagnostics à réaliser. Pour l’obtenir, il suffit de valider une formation de 3 jours, ou d’une journée pour les professionnel déjà titulaires de la certification amiante.

En revanche, la certification avec mention exige un investissement beaucoup plus important.

 

Les prérequis pour devenir diagnostiqueur avec mention

  • académique : diplôme ou titre professionnel de niveau III (Bac + 2) lié aux techniques du bâtiment. Les professionnels ayant déjà une certification « amiante » n’ont pas à justifier d’une formation, à condition de déposer une dérogation auprès de Bureau Veritas avant le 30 juin 2017.
  • expérience : 36 mois pour les Bac + 2, 24 mois pour les Bac + 3, 12 mois à partir de Bac + 4.
  • formation de 5 jours, pour les personnes qui démarrent leur activité.
  • être titulaire de la certification amiante sans mention, ou la valider en parallèle.

5 diagnostics complexes par an

« Le problème, c’est que les diagnostiqueurs amiante risquent de ne jamais obtenir de retour sur investissement, poursuit Philippe Durand. Dans le cas du DPE, beaucoup de professionnels se sont fait retirer leur certification au bout de quelques mois. »

Le scénario pourrait se reproduire dans le cas de l’amiante.  Pour conserver leur certification, les professionnels doivent justifier d’une activité soutenue : au moins 5 diagnostics de cas « complexes » (les cas listés ci-dessus, concernés par la certification avec mention) chaque année.

Se faire la main avec des diagnostics simples

Evidemment, la certification avec mention se justifie si le diagnostiqueur souhaite s’orienter vers de nouveaux marchés, comme celui de la démolition. « Mais ils doivent avoir conscience qu’il s’agit d’un autre métier, avec des codes et des contraintes différentes », prévient Philippe Durand.

Dans tous les cas, il est conseillé de se faire la main avec des diagnostics « simples » dans des habitations individuelles, avant de passer la certification avec mention, voire de compléter ses connaissances en suivant une formation académique. « Depuis 2012, le diagnostiqueur doit suivre une procédure très contraignante (voir encart), ce qui n’était pas le cas avant », explique le directeur de programme chez Bureau Veritas Certification.

 

La réglementation du diagnostic amiante

Depuis 2012, les diagnostiqueurs amiante passe le bâtiment au crible afin de repérer les composants ou les parties d’ouvrage contenant potentiellement de l’amiante. Ils sont listés dans trois arrêtés, publiés en décembre 2012 :

Le professionnel doit suivre la procédure suivante :

  • recensement des composants ou parties d’ouvrage contenant potentiellement de l’amiante
  • s’ils sont présent, détection de présence ou absence d’amiante
  • rédiger une conclusion justifiée

 

« En cas de litige, les experts enquêteurs étudient de près le travail du diagnostiqueur, poursuit-il. Le format réglementaire du rapport permet désormais de repérer facilement les erreurs de méthodologie et, ainsi, de révéler les fautes que pourrait avoir commises l’expert. Si le dossier a été rédigé à la hâte, la responsabilité du diagnostiqueur sera donc engagée. »




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