|

CRUES, INONDATIONS : MANUEL DE SURVIE POUR ENTREPRISES

Crues, inondations : notre manuel de survie à destination des entreprises


Entre dommages matériels et interruption d'activité, la montée des eaux peut se révéler catastrophique pour les comptes d'une entreprise. À moins de se protéger en amont. Voici comment faire, en 5 étapes.

 

Une facture de 1,4 milliard d'euros

Au printemps dernier, les fortes pluies qui ont frappé le pays ont entraîné des inondations mémorables à Paris, en Seine-et-Marne, dans le Loiret et le Loir-et-Cher. Au niveau national, les dommages liés à cette montée des eaux auraient coûté entre 900 millions et 1,4 milliard d'euros, selon les premières estimations de l'Association française de l'assurance.

Les entreprises confrontées à la montée des eaux subissent une double peine : dégâts matériels et baisse, voire arrêt, de l'activité. Cela a été, par exemple, le cas en Seine-et-Marne, où plusieurs sociétés de métallurgie ont dû fermer leurs portes le temps des intempéries. Dans le même département, des dizaines de commerçants et de restaurateurs ont été sinistrées. Au point que la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) a dû mettre en place une cellule de crise baptisée « SOS Inondations ».

Il est pourtant possible de se préparer aux inondations, en protégeant bâtiments et matériels, et en prévoyant un plan de continuité d'activité.

 

Étape 1 : Identifier le degré d'exposition de vos sites

Les sites les plus exposés aux crues sont, évidemment, ceux qui sont situés à proximité des cours d'eau. Mais à partir de quelle distance est-on concerné ? Pour le savoir, il est possible de consulter le « Plan de Protection des Risques Inondations » (PPRI) de son département.

Ce document est accessible sur les sites des différentes Directions Régionales et Interdépartementales de l'Environnement et de l'Énergie (DRIEE). Voici la liste des différents PPRI départementaux sur les sites internet des DRIEE Ile de France, Hauts-de-France, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne et Normandie. En général, une « cartographie dynamique » permet de localiser précisément les zones à risques.

Pour autant, les locaux situés en dehors de ces zones peuvent aussi être impactés par des inondations. « La montée des cours d'eau n'est pas la seule cause des inondations, estime Sylvain Cohen, consultant en gestion de patrimoine chez Bureau Veritas. La montée des eaux peut aussi être due à de très fortes pluies ou à la remontée des nappes phréatiques. »

 

Étape 2 : Étudier les vulnérabilités

La vulnérabilité d'un bâtiment ne dépend pas uniquement de sa localisation. Elle est fonction de :

  • - l'année de construction du bâtiment,
  • - l'état des réseaux (informatique, électricité, gaz, eau...),
  • - l'organisation des sites. Par exemple, lorsque les activités stratégiques de l'entreprise (cœur de métier, groupes électrogènes, serveurs informatiques...) sont situées en sous-sol ou rez-de-chaussée.

 

Risques de crues et d'inondations

 

 

Étape 3 : Les obligations réglementaires

Chaque département français établit un certain nombre d'obligations réglementaires pour les établissements se trouvant en zone inondable. Elles sont recensées dans les « plans de prévention des risques inondations » (PPRI) (voir Étape 1). « L'essentiel des dispositions concerne la construction de bâtiments neufs, décrypte Sylvain Cohen. Par ailleurs, les PPRI de plusieurs départements imposent aux gestionnaires de certains établissements publics, comme les gares ou les hôpitaux, d'élaborer un « Plan de Protection Contre les Inondations  (PPCi) ». »

Ce PPCi est un document qui expose les différentes mesures à prendre afin de réduire la vulnérabilité de chaque établissement. Il doit être obligatoirement remis en préfecture. « Les PPCi visent les établissements publics dans le but de protéger les personnes et les biens. Mais les autres entreprises ont tout intérêt à se prêter au même exercice afin de protéger leurs salariés et leurs activités », recommande Sylvain Cohen.

 

Étape 4 : Plans de réduction des vulnérabilités

Que faire si votre entreprise est vulnérable ? Premier réflexe, protéger les activités stratégiques de l'entreprise (cœur de métier, serveurs informatiques, groupes électrogènes, archives, etc.) en les déménageant dans des locaux moins exposés (en étage élevé par exemple). Ou, si c'est impossible, prévoir des travaux pour isoler les salles.

Selon les cas, des experts pourront conseiller d'agir sur les portes (portes étanches) ou sur les murs (cuvelage), ou encore d'installer des barrières de protection contre l’infiltration de l'eau (batardeaux, systèmes de montage en parpaing, barrières anti-crues, sacs de sable...).

 

Étape 5 : Plans de continuité d'activité

Si les locaux sont tout de même inondés, il est utile d'avoir un plan de continuité d'activité, sur le modèle du Plan de Protection Contre les Inondations (PPCi) imposé dans certains établissements situés en zones inondables (voir Étape 3). Dans ce document, différents scénarii sont élaborés en fonction du degré de gravité de la situation. « Pour chaque scénario, un certain nombre de questions sont soulevées : Qui surveille la crue ? Comment sécurise-t-on les points stratégiques ? À quel moment faut-il évacuer ? Où s'installe l'entreprise ?, explique Sylvain Cohen. Cela évite que, dans la panique, de mauvaises décisions soient prises. »

 

Pour en savoir sur la protection contre les inondations avec Bureau Veritas

 




|