|

Le Contournement Ouest de Strasbourg : 24 km d’autoroute pour faire mieux respirer la ville


Le futur Contournement Ouest de Strasbourg désengorgera la ville et l’autoroute A35 qui la traverse du nord au sud. Mais construire ces 24 km d’autoroute représente un chantier complexe : il faudra créer 2 viaducs et une tranchée couverte, construire gares de péage et aires de services, traverser routes, cours d’eau, faire cohabiter de nombreuses entreprises et circuler de nombreux engins et poids lourds… Une complexité qui multiplie les risques à envisager et prévenir pour Bureau Veritas, chargé de la mission de coordination Sécurité et Protection de la Santé.

 

Le chiffres clés du Contournement Ouest de Strasbourg

Un budget de 553 M€

2 raccordements autoroutiers

47 continuités routières à assurer (routes, voies communales, chemins agricoles)

9 cours d’eau à franchir

2 gares de péage, des aires de service, un centre d’exploitation à créer

Une autoroute pour libérer Strasbourg

« Aujourd’hui, 165 000 véhicules empruntent chaque jour l’autoroute A35, qui traverse Strasbourg sur un axe Nord-Sud. Alors la saturation est devenue monnaie courante, pénalisant les riverains et les entreprises. Une fois construit, le Contournement Ouest de Strasbourg, ou COS, absorbera le trafic de transit et une partie du trafic pendulaire. La circulation sera fluidifiée et la pollution de l’air réduite en ville. Quant à l’A35, elle deviendra un boulevard urbain, rendu à la ville et aux transports en commun », explique Jean-Luc Fournier, en charge de la communication chez ARCOS, filiale de VINCI qui porte le projet.

Ces 24 km d’autoroute – deux fois deux voies – seront donc une bouffée d’air pour les strasbourgeois. Et si la mise en service du COS est prévue fin 2020, les études sont déjà lancées en coulisse, pour ARCOS* et Bureau Veritas. « Dès fin 2015, j’ai proposé les services de Bureau Veritas Construction à VINCI, qui nous a confié la coordination Sécurité et Protection de la Santé du projet. Cette mission consiste à accompagner le maitre d’ouvrage en effectuant une analyse systématique des risques du chantier : une mission réglementaire, imposée par une directive européenne en 1992, transposée dans le droit français en décembre 1994 » explique André Stephan, Directeur du développement chez Bureau Veritas Construction.

Les multiples rebondissements d’un projet

L’idée d’un contournement, qui désengorgerait la traversée strasbourgeoise, apparait dès les années 80. Le projet est régulièrement envisagé, toujours repoussé… jusqu’à ce qu’il soit déclaré d’utilité publique en 2008. Après des mois de concertation, enquêtes publiques et études, un premier appel d’offre est lancé en 2010. Vinci Concession sera déclaré concessionnaire pressenti, mais le projet sera ajourné. A l’automne 2013, un audit confirme la nécessité du contournement, mais sous une nouvelle forme : c’est désormais une autoroute de 2 fois 2 voies (et non plus 2 fois 3 comme prévu initialement), qui doit être construite. Ayant répondu à un nouvel appel d’offre en 2014, Vinci Concession signe enfin un contrat de concession en janvier 2016. C’est donc Vinci – à travers sa filiale dédiée ARCOS – qui réalisera les études, la conception, la réalisation et l’exploitation de l’autoroute pendant 54 ans, et en assurera le financement.

Envisager les risques, pour les prévenir

La première intervention de Bureau Veritas Construction, indique André Stephan, a consisté à élaborer une « analyse de risques initiale », pour recenser les risques potentiels liés aux interventions des différentes entreprises sur le chantier et aux opérations de maintenance après la mise en service de l’autoroute. Et ils sont nombreux : si un projet d’autoroute est toujours complexe, celui du COS l’est particulièrement. En zone péri-urbaine, l’autoroute passe à proximité de villes et villages, franchit 47 routes ou chemin et 9 cours d’eau, des réseaux de communication ou d’énergie…  Le chantier cumule ainsi les risques liés aux travaux (avec du terrassement, la construction de deux viaducs et d’une tranchée couverte…), les risques d’impact sur l’environnement du projet (avec le trafic généré par le chantier sur les routes avoisinantes, le trafic des poids lourds utilisés par le chantier…), les risques liés aux interactions entre les différents métiers...  Et l’inventaire des risques de l’analyse s’étend au-delà de la construction : « Nous devons envisager les risques liés à l’entretien des ouvrages, une fois le COS ouvert à la circulation. Par exemple en prévoyant des accès sûrs pour inspecter un ouvrage d’art, ou un escalier pour franchir un talus » insiste André Stephan.

Des oppositions surmontées

« Tout projet de grande ampleur suscite des craintes, des réticences… voire des contestations farouches. Une opposition utile : elle fait avancer le projet et nous pousse à l’exigence. Nous avons su lever les craintes et doutes en expliquant le projet aux riverains. Nous nous sommes engagés sur une soixantaine de mesures de compensation en faveur de la biodiversité… Ces oppositions ont cependant retardé notre projet : déjà le planning est bousculé » explique Jean-Luc Fournier. Un retard de calendrier qui a impacté bien sûr l’analyse de risque !

Affiner l’analyse en permanence

Aujourd’hui le COS est en phase d’étude. Dans les bureaux d’ARCOS, les équipes réalisent la définition technique du projet, dans ses moindres détails tandis que sur le terrain, les recherches d’archéologie préventive sont en phase finale.

Durant cette phase d’étude, le Coordonnateur Sécurité et Protection de la Santé (CSPS) qui suit la phase conception de ce projet pour Bureau Veritas, Patrick Armand, analyse chaque dossier, pour enrichir et affiner l’analyse de risques, accompagnée des mesures de sécurité à déployer. Du positionnement des dispositifs de protection contre les chutes des collaborateurs lors de la construction d’un pont, aux règles de circulation des ouvriers sur le chantier, tout doit être anticipé. Et une fois la construction débutée, chaque modification du projet ou du planning (comme le retard d’une opération), qui impacte la cohabitation de différents métiers sur le chantier, imposera une mise à jour des mesures définies.

Les risques, du plus classique au plus inattendu

« Chaque analyse de risques initiale est spécifique, et tient compte des particularités du chantier et de son environnement » insiste André Stephan. En effet, l’analyse du chantier du COS comporte des risques partagés par tous les grands projets… mais aussi des risques plus surprenants. Comme celui de « découverte d’engins de guerre », pour anticiper la conduite à tenir, les procédures à suivre et la formation des personnels dans un tel cas. Un risque lié à l’histoire mouvementée de la région de Strasbourg.

Une collaboration au quotidien

« Bureau Veritas Construction noue avec les acteurs impliqués dans le projet une véritable relation de confiance. Nous n’intervenons pas en tant qu’« inspecteur », mais en partenaire. Nous devons poser les bonnes questions, pour faire évoluer la sécurité et analyser les réponses. Une mission facilitée lorsque le maitre d’ouvrage partage notre exigence en matière de sécurité du chantier. Et c’est le cas avec Vinci et ses filiales, qui affichent une véritable volonté d’être exemplaires en matière de sécurité et de protection de la santé » souligne André Stephan.

ARCOS est la société concessionnaire (et maitre d’ouvrage) du COS, chargée à ce titre de la réalisation des études, de la conception, de la réalisation de l’autoroute, de son exploitation pendant 54 ans, et de son financement.




|