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BIM : la maquette numérique qui révolutionne la construction

Petit à petit, cette nouvelle façon de travailler s’impose partout dans le monde


De plus en plus de professionnels du bâtiment délaissent les plans sur papier au profit de la maquette numérique. Bureau Veritas anticipe ces évolutions afin de pouvoir exploiter les données de ces nouvelles plateformes et demain y déposer ses avis.

 

Aux Etats-Unis on ne jure plus que par lui. Le « Building Information Modeling » (BIM) est désormais utilisé par la moitié des cabinets d’architectes, constate l’AIA, l’Institut Américain des Architectes sur le site spécialisé en innovation Wired. Singapour, Royaume-Uni, Japon… dans de nombreux pays, les professionnels de la construction troquent leurs plans papier contre une maquette numérique unique et évolutive sur laquelle tous les acteurs d’un même chantier peuvent travailler. Et la France emboite le pas de ces évolutions.

« Nous avons réalisé 15 projets en environnement BIM ces trois dernières années » précise Rémi Visière, directeur Recherche, Développement et Innovation chez le promoteur et constructeur GA Smart Building. Même son de cloche chez Bureau Veritas Construction : « Nous sommes de plus en plus sollicités sur des projets de ce type, confirme Tijani Turki, BIM Development Manager. A l’heure actuelle, nous réalisons des missions de contrôle technique et de coordination SPS sur pas moins de 43 projets BIM ». Parmi eux, le chantier de construction du futur siège de Schneider Electric à Grenoble (GreenOValley), le projet de réhabilitation du terminal 2 de l’aéroport Paris - Charles de Gaulle, ou encore la construction d’un centre hospitalier à Ajaccio.

Le BIM permet une meilleure coordination des corps de métier et une réduction des délais

Si le BIM a la cote, ce n’est pas sans raison. La plus évidente : le BIM permet en effet de prévenir les interférences entre lots, un problème fréquent et très ennuyeux. L’évacuation de l’air, la circulation de l’eau, la structure… chaque lot est conçu par un ingénieur dédié. Si l’un prévoit de faire passer une gaine là où l’autre a prévu de construire un mur porteur, le BIM le repère immédiatement. Les environnements BIM permettent de mieux coordonner les différents contributeurs sur un projet. Avec à la clé, une réduction des délais et une optimisation économique. « Avec le BIM, nous avons réduit nos délais d’environ 20% et nous avons divisé par 4 nos pertes en acier », précise Rémi Visière.

Pour Bouygues Immobilier, utilisateur très actif de ces outils, le BIM a enfin un autre avantage non négligeable. « Il nous permet de mieux faire visualiser à nos clients leurs futurs logements et la façon dont ils peuvent être réaménagés en modifiant un séjour ou en transformant une chambre en cuisine», explique Stéphane Lombard, chef de service Conception Toulouse au sein du groupe.

Plan BIM

Bien d’autres applications intéressantes peuvent être trouvées. Bureau Veritas travaille ainsi sur la création d’un plug-in compatible avec les logiciels BIM qui permettrait de contrôler, via une visite virtuelle, le bon respect des normes de sécurité et des normes d’accessibilité pour les personnes handicapées dans les bâtiments. « Cet outil nous permettra d’effectuer des contrôles mais il pourra aussi aider les architectes à étudier la fiabilité de leur projet. L’Intelligence Artificielle nous emmènera vers la conception auto-contrôlée», précise Tijani Turki. La prochaine étape pour le groupe sera d’étudier l’opportunité de créer de nouvelles fonctionnalités (des outils permettant de vérifier qu’un projet de bâtiment respecte les critères de certains labels environnementaux par exemple).

Utiliser la maquette numérique lors d’une mission de contrôle technique ou de CSPS

Bureau Veritas Construction a bien compris l’intérêt du BIM dans la fluidification des échanges entre acteurs de la construction. La société participe ainsi à de nombreux groupes de travail sur le sujet avec des entités telles que Bouygues Construction, SETEC Bâtiments et COSTE, la COPREC ou encore GA Smart Building. 

Bureau Veritas travaille également étroitement avec les principaux fournisseurs de maquette numérique (Autodesk, Bentley, Mezzoteam, etc.).  La société a formé des référents BIM répartis sur la totalité du territoire et développe un ensemble de procédures qui permettent à ses experts d’utiliser la maquette numérique lorsqu’ils mènent une mission de Contrôle Technique (CT) ou une mission de Coordination Sécurité et Protection de la Santé (CSPS). Les avis qu’ils produisent à partir de l’outil AVISO (pour le CT) et de l’outil Séquence6 (pour le CSPS) pourront, même, bientôt, être déposés directement sur des plateformes BIM.

Bien sûr, le BIM est encore loin d’avoir été adopté par toutes les entreprises. Une telle transition  nécessite naturellement de prendre le temps de se familiariser avec ces nouveaux outils. « Sur le long terme, de plus en plus sociétés vont sauter le pas », assure cependant Rémi Visière.  Certains groupes ont d’ailleurs déjà de grandes ambitions dans le domaine.  «D’ici 3 ans nous voulons que 100% de notre production soit "full BIM" », confie Stéphane Lombard. La  transition vers le BIM pourrait d’ailleurs être facilitée par le lancement de nouvelles formations. Bureau Veritas envisage ainsi de mettre en place des formations dédiées sur des logiciels BIM ainsi qu’une formation certifiante de la compétence de BIM Manager.

Les possibilités offertes par le BIM ont donné beaucoup d’autres idées aux experts de Bureau Veritas. Le groupe travaille ainsi sur la création d’un plug-in compatible avec les logiciels BIM qui permettrait de contrôler, via une visite virtuelle, le bon respect des normes de sécurité incendie et d’accessibilité pour les personnes handicapées dans les bâtiments.

Autant d’innovations supplémentaires pour améliorer encore la collaboration sur les projets de construction, et ce le plus en amont possible, et faire ensuite gagner beaucoup de temps aux professionnels du secteur.

 

(Crédit : GA Smart Building)




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