|

Alstom révèle les secrets de ses trains du futur

Le groupe a développé un système de Contrôle de Trains Basé sur les Communications (CBTC) d’un genre complètement nouveau


Avec sa solution Urbalis Fluence, le groupe fait le pari d’embarquer davantage d’intelligence à bord des trains automatisés. L’intérêt ?  Un temps d’attente entre deux rames réduit à 60 secondes et une hausse de 50% de la capacité de transport.

 

Attente trop longue, arrêt inopiné, rame bondée… ce sont les bêtes noires des usagers du métro et, par ricochet, celles des entreprises ferroviaires. Pour  lutter contre ces désagréments, Alstom a développé un système de Contrôle de Trains basé sur les Communications (CBTC, en anglais) d’un genre complètement nouveau. Baptisée Urbalis Fluence, cette solution de pilotage automatique des trains repose sur un dialogue permanent entre un centre de contrôle, les trains et des équipements électroniques. «La différence avec un CBTC classique, c’est que le nôtre embarque beaucoup plus d’intelligence à bord du train avec en particulier la suppression de la logique d’itinéraires au sol», précise Emmanuel Henry, directeur du projet Urbalis Fluence au sein d’Alstom.

 

Une communication simplifiée pour plus de rapidité

Prenons l’exemple d’un train qui repart dans le sens opposé après avoir atteint son terminus. Sur un CBTC classique, les différentes actions à réaliser (vérifier que l’aiguillage permet d’aller dans l’espace de manœuvre ; passer ; vérifier que l’aiguillage permet d’aller sur l’autre voie ; repartir) sont réalisées par deux calculateurs différents (un situé dans le train, l’autre au sol) qui devront ensuite se coordonner. «Avec Urbalis Fluence, tout est fait par le calculateur du train. Cela réduit le nombre d’échanges nécessaires entre les équipements ce qui accélère le processus», précise Emmanuel Henry.

 

Des rames qui se retournent deux fois plus vite

calculateur-embarque-urbalis-fluence.jpg
(crédits Alstom/S.Dhote) Alstom a calculé que le système CBTC Urbalis Fluence permettait de réaliser en moyenne 25% d’économies d’énergie.
Ces trains plus intelligents ont par ailleurs, en permanence, une connaissance précise de leur position. Ils savent donc, aussitôt l’aiguillage passé, qu’ils peuvent s’arrêter et repartir dans l’autre sens, là ou des trains classiques devraient, par précaution, avancer davantage et laisser une certaine distance de sécurité. «Nos rames peuvent se retourner dans un temps inférieur de 20 secondes à celui d’un CBTC classique», confie le directeur du projet Urbalis Fluence. Grâce à cela, la solution Urbalis Fluence réduit les intervalles entre deux rames à une minute à peine quand la plupart des systèmes peinent à descendre en dessous des 90 secondes. «Cette fréquence élevée couplée à la bonne vitesse de déplacement qu’offre le système, augmente la capacité de transport de 50% par rapport  à un CBTC classique», précise Emmanuel Henry.

 

 

Des rames qui consomment moins d'énergie

Alstom a également trouvé une solution au problème des trains immobilisés entre deux stations. Alors que les métros sont généralement condamnés à maintenir leur cap une fois lancés, ceux équipés d’Urbalis Fluence peuvent au besoin changer de sens en cours de route. Si une rame ne peut entrer en station (à cause d’un problème sur la voie par exemple), les opérateurs ne seront plus contraints de l’immobiliser: elle pourra être renvoyée à la station précédente afin de laisser sortir les passagers. Le système a aussi d’autres atouts à son actif. Il calcule par exemple la vitesse la plus économe en fonction de la situation du train précédent (avance / retard) et utilise au maximum, la « marche sur l’erre » (déplacement du train sur son inertie, sans traction ni freinage). «Cela permet de réaliser en moyenne 25% d’économies d’énergie», fait valoir Emmanuel Henry.

 

Un contrôle constant du respect des normes de sécurité

Urbalis-Fluence-métro-intelligent
Schéma de fonctionnement d'Urbalis Fluence
L’élaboration d’Urbalis Fluence a constitué un projet d’envergure (une centaine d’ingénieurs ont travaillé dessus) et surtout, un projet complexe. Les normes en vigueur dans ce domaine imposent en effet à ce type de système de respecter le plus haut niveau de sécurité possible (le Safety Integrity Level 4). Pour vérifier que toutes les innovations imaginées n’y feraient pas obstacle, Alstom a demandé un premier avis indépendant à Bureau Veritas dès la phase d’avant-projet. Et, depuis que le projet a été lancé, Bureau Veritas s’assure à chaque étape de développement que le système respecte toutes les normes de sécurité en vigueur afin de certifier la solution, tant sur le plan matériel que logiciel. «Nous évaluons entre autres, à partir des plans d’Alstom, que les risques ont été envisagés et prévenus par des mesures de sécurité adéquates afin de répondre à l’attente du plus haut niveau de sécurité», précise Barbara Scaglione, Responsable d’Opérations Rail de Bureau Veritas en France. Pas question pour Alstom de laisser le moindre détail de côté. Le groupe qui a construit près du quart des solutions CBTC utilisées à l’heure actuelle dans le monde a en effet de grandes ambitions pour ce produit. Urbalis Fluence est ainsi en cours de déploiement sur le métro de Lille et Alstom le propose désormais sur d’autres opportunités de rénovation ou de nouvelles lignes dans plusieurs régions du monde.

 

(Crédits photos Alstom / S. Dhote)




|